46èmes Journées Annuelles de Thérapie Psychomotrice – Palais des Congrès d’Antibes Juan-les-Pins les 12 – 13 – 14 Octobre 2017 – « Le corps et ses représentations ».

congres-affichea4

Capture

Capture1Capture2Capture3Capture4Capture5

Capture6Capture7Capture9

 SITUATION GÉOGRAPHIQUE

60, chemin des Sables – 06160 Juan-Les-Pins

+33(0)4 22 10 60 01 taper 3

PAR LES AIRS : Aéroport international
Nice côte d’Azur à 17Km

PAR LA ROUTE : Autoroute A8 « La Provençale »
Sortie 44 Dir. Antibes centre puis Juan-Les-Pins

PAR LE TRAIN : La gare SNCF d’Antibes 
la gare de Juan-Les-PinsCapture

Téléchargez la Plaquette des Journées Annuelles 2017:

fleche_041Plaquette JA-ANTIBES

Soirée Festive du vendredi:

La Compagnie Reveïda : Le Kaléidoplastique Quizz

Capture 11

Eva Luna: La Marelle

Capture10

Attention:

Les Inscriptions aux Ateliers et aux Symposiums du Jeudi après-midi et du Vendredi après-midi sont ouvertes sur:

fleche_041http://snup.cloud/

 a2f8e6143f3e241448933276a9c1f937

Argumentaires des Intervenants par ordre alphabétique:

 

Pascale AMBROISE (Symposium S8- « Corps et archaïque »-vendredi 13 à 14h)

PH Chef de service-Meaux-Enfants autistes à hôpital de jour la Colline / Clinique avec les bébés au sein de la consultation de périnatalité parents –bébé. Lauréat du prix autisme-psychanalyse du GERPEN 2011. Membre de la CIPPA.

Les bébés à risque autistique ? Qu’est ce qui fait la différence ?

Mots clés :Retrait relationnel, autisme, moi corporel, image du corps, regard, enveloppe psychique, individuation, séparation. EPCA

Le repérage des signes d’alerte est aujourd’hui au cœur de la politique de l’autisme et une priorité qui fait consensus chez tous les professionnels. L’expérience montre que la corrélation entre les symptômes d’alerte, leur gravité et le diagnostic d’autisme chez les bébés de moins de 2 ans n’est pas linéaire, et la question se pose de ce qui fait la différence ?

Le bébé « parle » avec son corps, il exprime ses ressentis à travers des postures, des attitudes, son tonus, son regard. Le thérapeute observe, relève et évalue ces particularités corporelles, mais il peut aussi les contenir, leur donner sens, les transformer. Le symptôme du corps devient langage partagé et le lien à l’autre peut se construire en relation.

Ainsi en me basant sur la grille « Evaluation psychodynamique des changements dans l’autisme » de Geneviève Haag sur la construction du moi corporel, et à partir de situations cliniques de bébé à risque pris en charge en thérapies psychanalytiques parents bébés, je développerais la double valence diagnostique et thérapeutique, en montrant comment l’observation fine du langage corporel de ces enfants, couplé à prise une charge thérapeutique simultanée a permis de préciser et moduler l’orientation diagnostique unique et l’évolution.

Bibliographie :

 Haag Geneviève (2009). Place de la structuration de l’image du corps et grille de repérage clinique des étapes évolutives de l’autisme infantile. Enfance, 2009, pp 121-132 doi:10.4074/S0013754509001141

Haag Geneviève, « Le moi corporel entre dépression primaire et dépression mélancolique », Revue française de psychanalyse, 2004/4 (Vol. 68), p. 1133-1151. DOI : 10.3917/rfp.684.1133. URL : http://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2004-4-page-1133.htm

 

Sylvie BEBIN et Mattéa DAMIANI (Symposium S3- « Psychomotricité et TSA »- jeudi 12 à 14h)

Sylvie BEBIN: Psychomotricienne D.E. – Intervenante ISRP Marseille

Mattéa DAMIANI: Psychomotricienne D.E.

Atelier de body percussions auprès de personnes porteuses de TSA

Notre corps permet l’externalisation de nos émotions, de nos démarches cognitivo et psychomotrices, de nos postures et attitudes….

Les compétences, les maladresses que nous exprimons au travers de notre corps, sont issus des informations que nous recevons de nous-mêmes, des autres et du monde environnant.

Elles sont analysées, triées et priorisées au niveau de différentes aires cérébrales et permettent des réponses motrices adaptées.

Le corps répond aux besoins vitaux, aux besoins sociaux, traduit nos émotions et partage avec l’environnement pour vivre en adéquation ou tendre vers cette adéquation !

Dans ce contexte il est aussi un moyen d’expression artistique et esthétique ; il peut produire des gestes, des mouvements, des sons qui, réalisés individuellement ou collectivement, donnent une expression de soi ou de groupe.

Grâce à la pluralité des formes extérieures et intérieures du corps les percussions que nous pouvons produire sur différentes régions corporelles, vont générer des sonorités, des résonnances. Elles vont s’apparenter à une rythmique, une séquence musicale expressive.

En l’occurrence, les percussions corporelles, les PC permettront de re-connaître notre corps comme un instrument capable de donner une dimension sensorielle au son.

Les PC offrent la possibilité aux participants de ressentir la musicalité et les polyrythmies corporelles ; La dimension ludique est à privilégier, quelque soit l’âge des groupes concernés.

Mobilisation du schéma corporel, dissociations et coordinations, temporalité, spatialité, attention visuelle et auditive, latéralité… sont autant de compétences que permettent d’aborder les PC.

Les séances proposées seront adaptées aux possibilités des personnes, du cadre environnemental. L’accompagnement en psychomotricité pourra se faire aussi en individuel : l’écho obtenu et partagé avec le psychomotricien permet déjà de proposer la résonnance des PC.

Au travers de 2 expériences faites auprès d’un groupe d’enfants en ULIS TSA et de personnes âgées d’un EHPAD, nous pourrons ma collègue Mattéa Damiani et moi-même, vous proposer une présentation de cette activité avec la progression et les mises en place pratiques de notre démarches thérapeutique.

 

Joanne BELROSE et Marie-Christine PERRET (Symposium S3- « Psychomotricité et TSA »- jeudi 12 à 14h)

Joanne BELROSE: Psychomotricienne, Praticienne de Zen Shiatsu, Certifiée par la FFST (Fédération Française de Shiatsu Traditionnel), Cabinet Libéral, Martinique.

Marie-Christine PERRET: Orthophoniste, SESSAD Autisme Emile Zola-VILLEURBANNE

CONSCIENCE CORPORELLE ET REPRÉSENTATION CHEZ 14 PATIENTS ATTEINTS D’AUTISME.

L’enfant avec autisme souffre d’un trouble global de la représentation. Cette difficulté affecte la compréhension verbale et, sur le plan psychomoteur, se caractérise par la difficulté à établir une image globale et harmonieuse de son corps en interaction dans son environnement.

Notre étude clinique porte sur 14 patients atteints d’autisme ayant bénéficié à la fois d’une prise en charge orthophonique et psychomotrice.

La rééducation orthophonique, basée sur la création d’images mentales, a été associée à la prise en charge psychomotrice utilisant des techniques de conscience corporelle comme le shiatsu. Ce couplage a permis une meilleure intégration des fonctions motrices. Les patients s’approprient désormais leur gestuelle devenue plus subjective, signe d’une meilleure adéquation entre perception et représentation de soi, au sein de l’Environnement.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

(1)       Belrose J., Le Zen Shiatsu : une médiation adaptée pour les troubles de l’image du corps en psychomotricité. Mémoire Certificat Fédéral de praticien Shiatsu, Juin 2015.(2)       Belrose J., Perret M.C. : Apport de la représentation mentale dans la pratique psychomotrice, chez 14 patients atteints d’autisme. 2016, Thérapie Psychomotrice et Recherches N°179.

(3)       Bullinger A. : Le développement sensori-moteur de l’enfant et ses avatars, Tome 1 – Un parcours de recherche, Eres, Toulouse, 2004.

(4)       Boutineaud J. et all. : Image du corps, figures psychopathologiques et ouvertures cliniques, In Press, Paris, 2016.

(5)       Lesage B. : La danse comme processus thérapeutique : Fondements, outils et clinique en danse-thérapie, Eres, Toulouse, 2006

(6)       Perrin J. et Maffre Th. :  Autisme et psychomotricité, De Boeck Solal, Bruxelles, 2013

 

Michel BENOIT (remplacé par Laurent GUGENHEIM) et Rémi VERGER (Plénière- jeudi 12 à 10h)

Michel BENOIT: Service de psychiatrie d’adultes et de psychologie médicale. Pôle neurosciences cliniques – CHU Pasteur – Nice

Rémi VERGER: Psychomotricien Service de psychiatrie d’adultes et de psychologie médicale. Pôle neurosciences cliniques – CHU Pasteur. Service de Psychiatrie infanto-juvénile CMP de La Trinité -CHU- Lenval- Nice. Libéral.

Evolution de l’image du corps dans la dépression et prise en charge psychomotrice précoce

La maladie dépressive est un grave problème de santé publique, par sa fréquence (l’OMS estime que plus de 300 millions de personnes dans le monde en sont atteintes) et par ses conséquences fonctionnelles : la dépression est la première cause de suicide et sera d’ici à 2030 la première cause d’invalidité, devant les troubles cardiovasculaires. Le problème de santé publique tient aussi à son traitement, qui est encore insuffisamment proposé ou qui n’est pas assez efficace. Alors que la prise en charge recommandée repose le plus souvent sur une association antidépresseur/psychothérapie/aide socio-environnementale, l’approche psychomotrice du dépressif a été insuffisamment développée. C’est d’autant plus surprenant que les troubles psychomoteurs (dont le ralentissement, la catatonie), l’alogie, les perturbations de l’image du corps et le désinvestissement de l’activité physique sont habituels et peuvent avoir des conséquences redoutables.

Conjointement à l’approche psycho-pharmacologique, le soin psychomoteur précoce permet au patient dépressif de réinvestir son corps, d’atténuer sa douleur morale, de trouver des renforcements positifs par l’activité, de réguler ses émotions. Notre expérience est que ce soin peut être proposé par des médiations très diverses (gymnastique, relaxation, expression gestuelle ou artistique entre autres), et qu’il renforce la relation thérapeutique avec l’équipe de soins. Un travail important reste à faire pour déterminer les critères de personnalisation de l’approche psychomotrice dans cette indication, sa temporalité et sa progressivité, son association aux autres ressources thérapeutiques afin de l’intégrer dans le plan de soins de la majorité des patients.

Bennabi D et al. Psychomotor retardation in depression: a systematic review of diagnostic, pathophysiologic, and therapeutic implications. Biomed Res Int. 2013 : 158746

Schrijvers D et al. Psychomotor symptoms in depression : a diagnostic, pathophysiological and therapeutic tool. J Affect Disord 2008 ; 109 (1-2)

Probst M et al. Psychomotor Therapy and Psychiatry: What’s in a Name? The Open Complementary Medicine Journal, 2010, 2, 105-113

 

Laurent BONNOTE, Nathalie DELPRAT et Philippe FUCHS (Symposium S2-« Corps et images »-jeudi 12 à 14h)

Laurent BONNOTE: Psychomotricien – Chargé de cours à l’ISP Salpêtrière

 Nathalie DELPRAT: Enseignant-chercheur à l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC) à Paris et au Laboratoire d’Informatique pour la Mécanique et les Sciences de l’Ingénieur (LIMSI-CNRS) à Orsay. Nathalie Delprat effectue ses recherches au LIMSI-CNRS à Orsay où elle est responsable de la thématique transverse VIDA (Virtualité, Interaction, Design et Art). Particulièrement intéressée par l’approche art-science, son travail scientifique et artistique explore l’impact cognitif et la dimension poétique d’un changement virtuel de densité corporelle en celle d’un nuage grâce à l’installation interactive RêvA.

Philippe FUCHUS: Professeur de réalité virtuelle à Mines ParisTech. Le professeur Philipe Fuchs est le responsable de l’équipe de recherche Réalité Virtuelle & Réalité Augmentée (RV&RA) depuis 1992, à l’Ecole Mines ParisTech. Il est un des acteurs majeurs du domaine de la réalité virtuelle en France. En particulier, il est à l’initiative et le principal auteur du « Traité de la réalité virtuelle », en cinq volumes, dont la troisième édition 2009 est un ouvrage collectif avec 101 auteurs et 83 chapitres. Il vient de publier un dernier livre, mars 2016, sur « Les casques de réalité virtuelle et de jeux vidéo ». Les recherches et les développements de son équipe de recherche portent sur une méthodologie théorique et pragmatique de l’immersion et de l’interaction du sujet, en particulier sur l’interfaçage visuel. Philippe Fuchs est ancien président de l’Association Française de la Réalité Virtuelle (2005). Il fut le vice-président de la commission 3D (vision stéréoscopique) pour l’ANSES (Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire, du travail et de l’environnement) de 2012 à 2014.

Le corps face à ses représentations ; des planches de dessins naturalistes aux environnements virtuels

 Il s’agira d’aborder la question du corps et de ces représentations là où les arts et les sciences se mettent à converger, parfois sans même que l’on s’en rende compte. Scientifiques, médias et toutes personnes confrontées à ces images peuvent alors considérer celles-ci comme des visions objectives de notre corporéité. Mais jusqu’à quel point celles-ci peuvent-elles être considérées comme fidèles à la réalité ? Et quel impact cela peut avoir sur notre façon de penser notre corps ?

Laurent Bonnotte (psychomotricité, arts transmedia) nous proposera un très bref historique des modes de représentation qui se sont développés depuis le 16e siècle et des points de vue « naturalistes ». Nous pourrons entrevoir une concomitance existante entre les arts et les sciences, alors même que ces deux pôles s’appliquent à bien se distinguer dans leur finalité.

Philippe Fuchs (Réalité virtuelle, école des Mines) abordera le bouleversement progressif qui est en train de se produire avec les systèmes immersifs et interactifs émergents, provenant des techniques de réalité virtuelle. Celle-ci est un nouvel outil performant dans le domaine de la Santé, proposant depuis au moins dix ans des thérapies virtuelles en psychiatrie ou en rééducation fonctionnelle ou sensorimotrice. Inversement, elle va être progressivement exploitée par tout public pour des applications ludiques ou artistiques, en ayant un impact sur la représentation du corps, différente de celle en environnement réel. En particulier, ce domaine donne une importance à la proprioception et génère des incohérences sensorimotrices, certaines perturbantes. Des éventuels impacts sanitaires doivent être connus par tout praticien.

Nathalie Delprat (Interaction homme-machine, art et science, LIMSI-CNRS) parlera de l’exploration des liens entre matérialité virtuelle, conscience corporelle et imaginaire à travers le dispositif interactif RêvA qui permet d’expérimenter la transformation virtuelle du corps sous forme d’un nuage. L’impact cognitif et émotionnel d’une telle transformation est directement lié aux propriétés de la matière simulée et résulte d’illusions perceptives mais aussi de l’adhésion imaginative à l’image d’un corps nuageux. En tant que support de (re)médiation, l’installation RêvA ouvre de nouvelles perspectives d’applications thérapeutiques, y compris dans le domaine de la psychomotricité.

Aussi semble-t-il essentiel d’interroger l’influence que peuvent avoir les technologies actuelles (ou dans un avenir relativement proche) concernant les modifications de ces représentations du corps. C’est pourquoi nous vous invitons à venir échanger durant ce symposium où la recherche la plus pointue rencontre la pratique psychomotrice.

Nathalie Delprat est enseignant-chercheur à l’Université Pierre et Marie Curie à Paris. Elle effectue ses travaux sur les liens entre matérialité virtuelle et conscience corporelle au Laboratoire d’Informatique pour la Mécanique et les Sciences de l’Ingénieur (LIMSI-CNRS) à Orsay. Elle est co-responsable de la thématique art-science VIDA (Virtualité, Interaction, Design et Art) de ce laboratoire.

résumé: Nathalie Delprat présentera l’exploration des liens entre matérialité virtuelle, conscience corporelle et imaginaire à travers le dispositif interactif RêvA, développé au LIMSI-CNRS dans le cadre de la thématique VIDA (Virtualité, Interaction, Design et Art), qui permet d’expérimenter la transformation virtuelle du corps sous forme d’un nuage. L’impact cognitif et émotionnel d’une telle transformation est directement lié aux propriétés physiques de la matière simulée et résulte d’illusions perceptives mais aussi de l’adhésion imaginative à l’image d’un corps nuageux. La manipulation virtuelle de la représentation corporelle et de sa densité affecte la perception du corps en tant qu’entité contenante et agit au niveau des émotions dites d’arrière-plan, difficiles à verbaliser. L’installation RêvA et le nouveau paradigme de recherche sur la Rêverie Augmentée qu’elle permet de tester à travers des protocoles expérimentaux mais aussi la création d’œuvres interactives ouvrent de multiples perspectives comme support de médiation thérapeutique et poétique.

Informations complémentaires sur:

https://perso.limsi.fr/delprat/artscience6.html et https://www.limsi.fr/fr/recherche/vida

mots-clés: matérialité virtuelle, imagination matérielle, frontières corporelles et sentiment de soi, émotions d’arrière-plan, rêverie augmentée

bibliographie:

Bianchini, S., Delprat, N., Jacquemin, C. (Eds.) (2012). Simulation technologique et matérialisation artistique-une exploration transdisciplinaire arts-sciences,Paris, L’Harmattan.

Damasio, A. (1999).Le sentiment même de soi- Corps, émotion, conscience.Paris,Odile Jacob.

Damasio, A. (2010). L’autre moi-même – Les nouvelles cartes du cerveau, de la conscience et des émotions. Paris, Odile Jacob.

Delprat, N. (2012). Imagination matérielle et images virtuelles: la Rêverie Augmentée de l’être nuageux, communication présentée à la conférence Bachelard 2012: le surrationnalisme 50 ans après, ENS-ULM, Paris. Article disponible sur Hal

Delprat, N. , (2014). Walking clouds and Augmented Reverie, Leonardo MIT Press Journal, 47, (1), 68-69.

Delprat, N. (2014). Temporalités du virtuel et réalités du corps: de l’être nuageux aux doubles de Narcisse, communication présentée au colloque sur Le sujet digital, Université Paris 8, Paris. Article disponible sur Hal

Delprat, N., Jacquemin C., d’Alessandro, C. (2016). Recherches arts-sciences au LIMSI-CNRS: conversation à trois voix. In J.-P. Fourmentraux (Ed.) Images Interactives: Arts, Sciences et Cultures du Visuel, Bruxelles, Editions de la Lettre Volée, 171-195.

de Vignemont, F. (2011). A self for the body, Metaphilosophy, Wiley, pp.1-29.

Gallagher, S. (2005). How the Body Shapes the Mind. Oxford, Oxford University Press.

Slater, M., Perez-Marcos, D., Ehrsson, H., & Sanchez-Vives, M. V. (2009). Inducing illusory ownership of a virtual body. Frontiers in Neurosciences, 3, 214-220.

https://www.limsi.fr

Titre de l’œuvre : ECHO(S)

Date:  2014

Support: DVD – clip de 5’17 »- format H.264, AAC 48kHz

Visuel: ECHO(S), crédit photo: nathalie delprat

ECHO(S)

descriptif de l’œuvre:

ECHO(S) raconte l’histoire sans parole d’un personnage réel et de ses doubles numériques sous forme d’avatars-nuage. Sur la partie droite de l’écran, une personne interagit avec un avatar qui représente son corps avec une densité de nuage. Sur le côté gauche, les personnages sont des avatars générés avec le même système de simulation mais ils ont leur propre façon d’interagir. Les images sont des prises en direct. Elles n’ont pas été retravaillées numériquement pour conserver le caractère expérimental du récit. La bande son mêle l’audio enregistré pendant l’expérience et une musique originale qui participe à la mise en correspondance des personnages. Il y a un sens à l’histoire que l’on peut suivre ou ignorer au gré de l’instant et qui structure la mise en écho du virtuel et du réel, de l’image et de l’audio, du double et du dédoublé.

La vidéo ECHO(S) et l’installation ECHO(S)II ont été lauréates de l’appel à projet du festival artistique Octobre Numérique à Arles en 2014. Elles font partie du projet de recherche et création développée par Nathalie Delprat au LIMSI-CNRS autour du paradigme de Rêverie Augmentée.

article en lien avec cette œuvre disponible sur:

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01289318/document

Refs possibles (pour L. Bonnotte):

Coll, Les liens corps esprit

Descola, La fabrique des images + Cours audios collège de France.

Tim Ingold  (« Marcher avec les dragons » et « Une brève histoire des lignes »)

Et l’âme devint chair (Sur Thomas Willis)

Foucault, Dits et écrits

Etienne Jules Marey (Cf Ecrits sur la Philosophie de Canguilheim)

Fernand Deligny

Paul Klee

Francis Bacon

Deleuze et Guattari (Mille plateaux)

Deleuze (Image mouvement et Image temps)

Figures du corps, une leçon d’anatomie (école des beaux arts)

Duval et Bical, l’anatomie des maitres

Vigarello

Gleys

Merleau Ponty, l’oeil et l’esprit

Remy Poitier, Imagerie médicale et art contemporain, rencontres autour d’un corps virtuel

Représentations du corpsLe corps, le sexe et l’hypermodernité Claude Tapia Professeur émérite de psychologie sociale, université de Tours

 

Jérôme BOUTINAUD (Plénière-vendredi 13 à 8h50)

Psychomotricien – Psychologue clinicien – Psychothérapeute. Maître de conférences en psychologie clinique (Université Paris 5-René Descartes-SPC). Membre titulaire du Laboratoire PCPP (Psychologie Clinique, Psychopathologie, Psychanalyse- EA 4056).

IMAGE DU CORPS ET PSYCHANALYSE : ANCRAGES HISTORIQUES ET DÉCLINAISONS THÉORIQUES.

La notion d’image du corps, bien qu’ayant émergé au carrefour de nombreuses influences empruntant à des champs variés et se situant à sa périphérie plus ou moins lointaine, a pu trouver dans la référence à la psychanalyse un étayage historique fédérateur. Pour peu que l’on considère son évolution conceptuelle, un fil rouge peut être repéré au cours de ses différentes étapes évolutives et au gré de sa convocation par plusieurs auteurs bien connus (Schilder, Dolto…). Elle possède toutefois un statut aussi original que décalé quand on la met en perspective avec les concepts freudiens fondamentaux. Sources d’une fragilité certaine qui ne diminue en rien l’intérêt qu’il convient de continuer à lui porter, les caractéristiques de cette notion appellent à poursuivre les avancées conceptuelles la concernant et donc à la resituer dans sa trajectoire historique.

Il sera donc ici question de reprendre l’évolution du concept en la mettant en perspective avec d’autres éléments issus de l’épistémologie psychanalytique (et plus particulièrement ceux liés à la question du corps). La référence à son utilité clinique (et plus particulièrement dans les pratiques psychomotrices) sera bien entendu évoquée et fera l’objet d’une réflexion argumentée.

MOTS CLÉS : Image du corps-Épistémologie psychanalytique- Moi corporel-Enveloppes psychiques.

 

Béatrice BOYENS (Atelier- A5-jeudi 12 à 14h)

Psychomotricienne en libéral depuis plus de 30 ans,Enseignante, Maître de formation pratique dans le Bachelier en Psychomotricité à Liège (Helmo et CPSE), Belgique – Superviseuse.

Les représentations corporelles dans l’instabilité psychomotrice…

Dans une pathologie de l’agir ou/et du lien ?

Dans ma pratique en libéral depuis plus de 30 ans, je me suis souvent questionnée sur:

-le sens des symptômes présents dans l’instabilité psychomotrice, donc sur la manière de comprendre l’agitation, le manque de repères spatio-temporels et corporels, les troubles d’attention-concentration, les difficultés de représentation et de régulation émotionnelle,

-et sur la manière d’accompagner ces enfants instables pour les aider à se construire, à trouver d’autres manières de se dire et à développer leurs capacités de symbolisation et de mentalisation.

Ce symptôme psychomoteur fréquent est souvent mal défini, car il se révèle par de multiples nuances, est en lien avec de multiples facteurs et nourrit de multiples hypothèses de compréhension. L’instabilité est une entité complexe. Il semble, d’après Philippe Claudon que trois observations soient des arguments majeurs: les Représentations Corporelles d’Action, une faille de mentalisation-symbolisation et un lien mère-enfant problématique (que je souhaite développer).

A l’aide de deux ou trois vignettes cliniques d’enfants instables, nous allons cerner et questionner leur dynamique psychomotrice et l’expression symptomatique. Y-a-t-il des liens entre elles ? Y-a-t-il un problème dans la régulation des émotions et des relations à l’autre ? Une difficulté dans la construction du Moi ? Une problématique de lien ? Ou/et de l’agir ?

Chaque histoire corporelle est unique et leurs représentations sont multiples.

MOTS CLÉS : Instabilité- Représentation corporelle d’action-Régulation émotionnelle-Symbolisation

Bibliographie :

-ANZIEU D., 1995, Le Moi Peau, Ed Dunod, Paris.

-BERGER M, 1999, L’enfant instable. Approche clinique et thérapeutique, Paris, Dunod.

-BOSCAINI F., 2011, l’agir psychomoteur, in revue trimestrielle Reliance Psychomotrice, N°7.

-BOSCAINI F., 2012, L’émotion, l’agressivité et l’agir psychomoteur, in revue trimestrielle Reliance Psychomotrice, N°9.

-CICCONE A., LHOPITAL M., 1991, Naissance à la vie psychique, Ed Dunod, Paris.

-CLAUDON Ph., 2001, Instabilité psychomotrice infantile et pathologie du lien, Neuropsychiatr. Enfance Adolesc., 49, 3.

-CLAUDON Ph., 2001, L’instabilité psychomotrice infantile, une pensée en action, Psychologie clinique et projective, n°7. DOI : 10.3917/pcp.007.0153. Éd Erès

-CLAUDON Ph., 2002, Thèse : L’instabilité Psychomotrice infantile, Approche psychodynamique comparative par une méthodologie projective. Université Nancy II.

-CLAUDON Ph., 2006, L’instabilité psychomotrice infantile : représentation de soi et processus d’autonomisation, in La psychiatrie de l’enfant, Vol. 49, DOI : 10.3917/psye.491.0155, Éd PUF.

-GOLSE B., 2010, Les destins du développement chez l’enfant, Ed Erès, Toulouse.

-PIREYRE E. W., 2015, 2° Ed, Clinique de l’image du corps, Ed Dunod, Paris.

-ROUSSILLON R., 2004, Le jeu et le potentiel, Revue française de psychanalyse 2004/1, PUF.

-ROUSSILLON R., 2006, Pour introduire la question du langage du corps et de l’acte, in Le Carnet PSY, n° 111. DOI : 10.3917/lcp.111.0036

-WINNICOTT D. W., 1971, Jeu et Réalité, Ed Gallimard, France.

 

Laurent BRANCHARD (Symposium S6-« Corps et représentation »-vendredi 13 à 14h)

 Psychomotricien, psychologue, docteur en psychologie clinique, associé à l’université Toulouse 2 (EA4591), Oloron sainte Marie (64).

LES REPRÉSENTATIONS DYNAMIQUES DU CORPS

À partir de la littérature concernant les représentations du corps (schéma corporel et image du corps en particulier), de notre expérience clinique, et d’un protocole de recherche  pour partie projectif (évaluation des représentations corporelles, Moyano, 2004) ; nous soutiendrons l’utilité du concept de représentation dynamique du corps. La qualité dynamique s’appliquerait à la fois à la représentation (aux représentations) et au corps (comme lieu d’échange entre soi et autrui, dedans et dehors), et serait partie intégrante des représentations corporelles (Branchard, 2016a). Cette qualité dynamique de telles représentations viendrait alors discuter les concepts d’image (du corps) et de schéma corporel, qui semblent relever de représentations plus figées. Le défaut de cette qualité pourrait aider à préciser les enjeux psychopathologiques comme la clinique à médiation corporelle à engager (Branchard, 2016b).

Mots clé : représentation du corps, dynamique, dedans-dehors.

Branchard L., 2013, « A la fin de la touche, j’envoie ! », in Thérapie psychomotrice et recherches, 173, 24-35.

Branchard, L., 2016a, La boucle « sensori-hallucinatoire » comme éclairage théorique et clinique de la psychomotricité, in La psychomotricité entre psychanalyse et neurosciences, Dir Girardier, .N, Inpress, 189-203.

Branchard, L., 2016b, Sensoriel et négativité, rencontre et non rencontre de l’objet, in Revue française de psychanalyse, 80(4), 1128-1137.

Branchar L. ; Caragea A. 2014 « La défaillance de la couronne ; une figuration autistique », in Thérapie psychomotrice et recherches, 177, 72-80.

Moyano, O., 2004, Les récits « à propos du corps » dans les pathologies limites de l’enfant ; présentation d’un protocole clinique, in Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence, 52, 515-522.

 

Anne BRUN (Plénière- vendredi 13 à 10h40)

Psychologue clinicienne – Pr de psychopathologie et psychologie clinique. Directrice du centre de recherche en psychopathologie et psychologie clinique (CRPPC)

Corps et symbolisation dans la création artistique et dans les médiations thérapeutiques.

Dans les témoignages de créateurs sur leur travail, le rôle joué par les éprouvés sensori-moteurs, en deçà des images et des mots, apparaît primordial. La mobilisation de ce registre sensori-moteur, à la source du processus créateur dans le champ artistique, concerne aussi au premier chef les médiations thérapeutiques artistiques : alors que la tradition psychanalytique a longtemps considéré comme une évidence l’idée d’amener au symbolique les patients dans des pathologies graves, en les sortant en quelque sorte du registre sensorimoteur dans lesquels ils paraissent immergés, nous avons particulièrement souligné à Lyon dans nos travaux sur les médiations thérapeutiques qu’il fallait au contraire partir de ce registre sensori-moteur pour accéder à des modalités tout à fait spécifiques de symbolisation.

Cette communication se propose de montrer comment, dans le champ artistique comme dans la clinique, la dynamique de l’acte créateur s’enracine en partie dans une réactualisation de sensations hallucinées renvoyant à des expériences primitives qui concernent les états du corps et les sensations ; le processus créateur mobilise ainsi une mémoire perceptive évoquée par Freud, composée de traces sensori-affectivo-motrices d’expériences archaïques. Dans cette perspective d’un lien entre art et psychanalyse, nous verrons à partir d’exemples tant de créateurs (H. Michaux, Artaud…) que de groupes thérapeutiques à médiation artistique, que les formes primaires de symbolisation à la source du processus créateur s’enracinent dans les premières expériences sensori-affectives du contact avec les objets.

A partir d’exemples empruntés au champ des pathologies lourdes (autismes, psychoses, criminels incarcérés…), nous montrerons comment les médiations thérapeutiques, grâce à la sensorialité du médiat, relancent la potentialité symbolisante et créatrice de ces formes primaires de symbolisation qui avaient été immobilisées, en quelque sorte congelées, et n’étaient pas encore advenues dans le lien à un autre sujet. Dans ces tableaux cliniques extrêmes, le transfert de la sensorimotricité des patients sur le medium sensoriel, associé à des accordages avec les cliniciens et avec le groupe, permettra aux patients d’évoluer d’une sensorialité démantelée, chaotique et destructive, à un travail de composition sensorielle et de composition de l’affect, à une réorganisation du registre sensorimoteur dans le lien au medium malléable, et à une intégration des îlots sensoriels épars.

Le travail thérapeutique consistera ainsi à passer de « processus sans sujet » à une appropriation subjective de ce registre sensori-moteur.

Mots clés. Formes primaires de symbolisation. Processus créateur. Sensations hallucinées. Sensori-motricité.

Bibliographie

BRUN A., CHOUVIER B., ROUSSILLON R., (2013) Manuel des médiations thérapeutiques, Paris, Dunod, 417 p.

BRUN A. (2013), « Figures du matricide dans le processus créateur », in Guillaumin et coll., Fantasme de matricide et culpabilité inconsciente, Paris, Dunod, 127-168.

BRUN A., (2014), « Médiation thérapeutique picturale et associativité formelle dans les dispositifs pour enfants avec troubles envahissants du développement », La psychiatrie de l’enfant, 58/2/2014, 437-464.

BRUN A. (2014), « Le lien passionnel de l’artiste à l’œuvre », Sexe, sexuel, sexualités, Dir. A. Braconnier, B. Golse, 261-269.

BRUN A., ROUSSILLON R., ATTIGUI P. (sous la direction de) (2016), Evaluation clinique des psychothérapies psychanalytiques. Dispositifs individuels, groupaux et institutionnels, Paris, Dunod, 492 p.

GARNIER E, BRUN A. (2016), « Sensorialité et hallucination dans la clinique de la criminalité. Un groupe –corps et peinture- en prison », Revue française de psychanalyse, tome LXXX-4, 1149-1160.

BRUN A. (2017),« Archaïque, sensorialité et processus créateur », Monographies et débats de psychanalyse, «L’originaire et l’archaïque »,165-179.

BRUN A. (2017), Nouvelles perspectives sur le processus créateur, Erès, à paraître 

  

ANNE BRUN (Symposium S8–« Corps et archaïque »-vendredi 13 à 14h)

Corps et archaïque : les formes primaires de symbolisation

Anne BRUN. Pr de psychopathologie et de psychologie clinique. Directrice du CRPPC (Centre de recherche en de psychopathologie et de psychologie clinique), université Lyon 2.

Mots clés : Associativité formelle. Medium malléable. Protoreprésentations. Sensori-motricité. Symbolisation.

Les groupes à médiations thérapeutiques offrent des modalités spécifiques de symbolisation à partir de la dimension sensorielle du medium malléable (M. Milner) : cet attracteur sensoriel permet en effet le transfert sur l’objet médiateur d’expériences primitives qui concernent les états du corps et les sensations et il mobilise ainsi des traces d’expériences archaïques. Grâce à la sensorialité du médiat, dans le champ notamment des pathologies lourdes, les médiations thérapeutiques relancent la potentialité symbolisante et créatrice de formes primaires de symbolisation qui avaient été immobilisées, congelées, et n’étaient pas encore advenues dans le lien à un autre sujet.

Un des enjeux principaux dans ces tableaux cliniques, en difficulté majeure avec la symbolisation, consiste ainsi à pouvoir réactualiser, sous forme de sensations hallucinées, des expériences primitives non symbolisées, d’ordre sensori-affectivo-moteur, qui vont pouvoir advenir à la figuration dans les productions et dans tout le registre sensorimoteur qui les accompagne, ainsi que prendre sens dans la dynamique transférentielle du groupe. Le travail thérapeutique groupal consiste alors à mettre en images et en scène ces expériences sensorielles engagées dans l’activité à médiation (peinture, modelage…) et à partager des affects autour de ces évocations sensorielles.

La spécificité de la symbolisation et des formes de transfert mises en jeu dans les médiations thérapeutiques, sera abordée à l’appui de l’exemple de la médiation picturale en groupe : il s’agira de repérer particulièrement les modalités de déploiement de l’associativité formelle, soit l’enchaînement des formes, à la fois dans les productions proprement dites, dans la mise en forme de la matière, mais aussi dans l’ensemble du langage sensori-moteur des patients confrontés au médium. Cette chaîne associative formelle qui se compose essentiellement des signifiants formels (D. Anzieu) peut constituer une modalité d’évaluation qualitative des processus en jeu dans les médiations thérapeutiques.

Bibliographie :

 BRUN A. (2007), Médiations thérapeutiques et psychose infantile, Paris, coll. Psychismes, Dunod, 283 p, 1ère édit. 2007, réédit revue et augmentée, 335 p, 2010.

BRUN A., CHOUVIER B., ROUSSILLON R., (2013) Manuel des médiations thérapeutiques, Paris, Dunod, 417 p.

BRUN A., ROUSSILLON R. (sous la direction de) (2014), Les formes primaires de symbolisation, Paris, Dunod, 214 p.

BRUN A., (2014), « Médiation thérapeutique picturale et associativité formelle dans les dispositifs pour enfants avec troubles envahissants du développement», La psychiatrie de l’enfant, 58/2/2014, 437-464.

BRUN A., ROUSSILLON R., ATTIGUI P. (sous la direction de) (2016), Evaluation clinique des psychothérapies psychanalytiques. Dispositifs individuels, groupaux et institutionnels, Paris, Dunod, 492 p.

BRUN A., ROUSSILLON R. (sous la direction de) (2016), Aux limites de la symbolisation, Paris, Dunod, 166 p.

BRUN A. (2017), « Archaïque, sensorialité et processus créateur », Monographies et débats de psychanalyse, «L’originaire et l’archaïque », 165-179.

 

Sophie CARRIE-MILH (Symposium S1-« Psychomotricité et médiations »-jeudi 12 à 14h)

Psychomotricienne en E.H.P.A.D. (Tarn), Praticienne shiatsu F.F.S.T. et Enseignante à l’Institut de Formation en Psychomotricité de Toulouse.Présentation : Psychomotricienne en E.H.P.A.D. dans le Tarn, Praticienne shiatsu F.F.S.T. et Enseignante à l’Institut de Formation en Psychomotricité de Toulouse.C’est dans le cadre de son travail en pédopsychiatrie dans le service du Pr Marie Rose Moro (Hôpital Avicenne), puis maintenant en EHPAD dans le Tarn qu’ elle développe la pratique et l’intérêt du shiatsu en psychomotricité.

Shiatsu et émergence de représentations corporelles et psychiques 

D’origine japonaise, le shiatsu consiste à exercer des pressions, plus particulièrement avec les pouces, sur des points ou zones bien spécifiques du corps.  En thérapie psychomotrice, cette singulière approche du toucher, pratiquée sur une personne habillée, génère de nombreux bienfaits thérapeutiques : relâchement des tensions musculaires, sensation de détente et de bien-être corporel et psychique, développement du registre sensoriel, conscience des différents états toniques, amélioration de la somatognosie, élaboration du schéma corporel et circulation facilitée des rythmes internes (respiration, rythme cardiaque, circulation du sang…), etc. Le toucher shiatsu donne de la contenance au corps et facilite ainsi la prise de conscience des enveloppes et limites corporelles. Il permet aussi au patient de prendre conscience de son corps présent et consistant, ancré dans « l’ici et maintenant ». En effet, si le toucher shiatsu se pratique à la surface de la peau entraînant diverses sensations, il agit en profondeur, à l’intérieur du corps, puis au niveau du psychisme, laissant émerger émotions et représentations. Avec la prise en charge psychomotrice de Mme M., une personne âgée en perte d’autonomie physique, et l’évolution de ses dessins du personnage (+ vidéo d’une séance), nous verrons comment le toucher shiatsu lui a permis de prendre conscience des limites de son corps et de son schéma corporel. Remarcher lui a permis de retrouver son statut de sujet autonome et sociable.  Si le shiatsu propose aux psychomotriciens de nouvelles perspectives d’intervention dans le domaine du corps et de ses représentations, il propose également d’autres indications thérapeutiques auprès du sujet âgée (maladies neurodégénératives, soins palliatifs…).

Mots clés  Toucher contenant –  Médiation thérapeutique – Représentations corporelles – Personnes âgées – Indications thérapeutiques

Bibliographie : shiatsu et psychomotricité Carrié-Milh, S., & Aubigny C. (2015).

Shiatsu. In F. Giromini, J.-M. Albaret & P. Scialom (Eds.), Manuel d’enseignement de psychomotricité : 2.

Méthodes et techniques (pp. 303-306). Paris : De Boeck-Solal. Carrié-Milh, S. (2010). Le shiatsu, une nouvelle thérapie en psychomotricité. In Entretiens de Psychomotricité 2010 (pp. 52-54). Paris : Les Entretiens Médicaux. Carrié-Milh, S. (2009).

La pratique du Shiatsu en thérapie psychomotrice. Témoignage clinique et nouvelles perspectives. Paris : Vernazobres-Grego. Carrié-Milh S. (2007). Julien, du groupe de « relaxation thérapeutique » au shiatsu « en individuel ». Psychomotricités, 55, 23-25. Champetier de Ribes, J. (2008).

Un toucher thérapeutique en psychosomatique : le shiatsu.Évolutions Psychomotrices, 82, 212-216. Gusso-Brarda, G. & Selmi, F. (2011).

Expérience thérapeutique Shiatsu-psychomotricité.Évolutions Psychomotrices, 93, 144-151. 

                                 

 Albert CICCONE (Plénière- jeudi 12 à 16h20)

Psychologue, Psychanalyste, professeur de psychopathologie et psychologie clinique à l’université Lyon 2Fondateur et président d’ALPACE (Association lyonnaise pour une psychanalyse à partir de la clinique de l’enfant) + peut-être indiquer les derniers ouvrages (La Psychanalyse à l’épreuve du bébé, La Part bébé du soi, La Violence dans le soin, Violences dans la parentalité, tous aux éditions Dunod)

« Représentations de l’infantile sur la scène du corps »

Je développerai l’idée que l’image du corps est fortement « modelée » par les aspects infantiles, et que la souffrance psychique, lorsqu’elle est intolérable et déborde le sujet, est toujours une souffrance des aspects infantiles voire des aspects bébés, celle-ci affectant l’image du corps.

Comment l’infantile s’exprime sur la scène du corps ? Quelles traces les expériences infantiles et bébés laissent-elles dans le corps et dans l’image du corps ? Quel accès aux expériences ou traces infantiles la prise en compte du corps et de ses représentations permet-elle ?

 

Agnès COLOMB  et Ellen PRIESTER  (Atelier- A6-jeudi 12 à 15h) Annulé

Agnès COLOMB: Psychomotricienne

Ellen PRIESTER: Educatrice spécialisée et Art-Thérapeute

CATTP enfants de GRASSE, secteur pédopsychiatrie du CH de CANNES

« Corps portés, sentis, regardés, en relation, mis en mots » 

C’est par la présentation de deux vignettes cliniques que nous avons choisi d’aborder le thème du corps et de ses représentations.

Le groupe thérapeutique et ses médiations procurent de véritables espaces de création et d’expériences sensori-motrices, tonico-émotionnelles et relationnelles. Il est question pour chacun de trouver sa place. Deux voire trois professionnelles de l’équipe pluri-disciplinaire sont garantes du cadre et du dispositif; les séances sont ritualisées et leur rythme est reconnaissable et sécurisant.

Au CATTP, après le « groupe découverte » qui dure environ 3 mois, dans lequel varie les propositions de jeux et médiations, le projet thérapeutique de l’enfant l’inscrit dans un groupe à médiation définie.

Nous évoquerons ici les différentes approches proposées aux enfants chaque année et plus précisément l’apport d’un médium vivant: le poney.

« C’est qui qui va faire le poney? »

« J’ai peur quand les chevaux crient »

« beurk ça pue»

« j’ai envie de dormir »

« c’est moi le premier »

« il  est chaud »

« ça me gratte »

« il est méchant »

« Il a mal? »

« Je suis debout, assis, debout, assis… »

« Est-ce-que les poneys ont un nom de famille? »

C’est une rencontre avec un Autre vivant, sans langage mais qui est sensible et réagit aux états internes de l’enfant. L’animal offre une assise, un portage, imprime dans le corps des rythmes, produit une variation d’états toniques qui demande autant d’ajustements posturaux lors des déplacements. Il y a le temps du prendre soin, brosser, caresser le poney choisi… ou pas. La dimension sensorielle est importante, nous verrons comment un bruit, une odeur, le contact des poils, la lumière ou la chaleur d’un souffle peuvent captiver, détourner ou induire une répulsion; toutes ces expériences peuvent renvoyer l’enfant à un vécu archaïque.

Les adultes accompagnent, aident, étayent, posent des mots sur ce qu’ils perçoivent du ressenti de l’enfant, de ses postures. Au fil des séances, une autonomie s’acquiert, les gestes s’organisent, le corps se redresse.

Nos réflexions porterons sur le holding, le handling, l’importance du regard, les domaines tonique et sensoriel, la question de l’identité et les processus de symbolisation.

Bibliographie:

Sous la direction de BOUTINAUD J., Image du corps, Figures psychopathologiques et ouvertures cliniques, Edition in Press, 2016

CICCONE A., LHOPITAL M., Naissance à la vie psychique, Edition Dunod, Paris, 1991

PIREYRE E. W., Clinique de l’image du corps, Edition Dunod, 2ème édition, 2015

WINNICOTT D. W., L’enfant, la Psyché et le Corps, Payot, 1999

CHOUVIER B., ROUSSILLON R., Corps, acte et symbolisation, Psychanalyse aux frontières, Edition De Boeck Supérieur, 2008

 

 Maurice CONTANT (Plénière- samedi 14 à 8h50)

 Psychomotricien – Psychologue clinicien  

Perspectives thérapeutiques chez les sujets réputés hyperactifs

Reprenant les hypothèses théorico-cliniques exposées dans l’ouvrage « Corps, sensorialité et pathologies de la symbolisation » écrit avec André Calza, il s’agira d’explorer des situations limites et quelquefois extrêmes de la subjectivation posée par les conjonctures cliniques de sujets réputés hyperactifs.

Qu’est-ce qui se joue derrière l’agitation motrice incessante de certains enfants ? Une manifestation de ce qui pourrait être considéré comme un clivage corps-psyché ? En cela, l’action dans laquelle l’enfant est engagé ne perd-elle pas sa dimension réflexive ? S’agit-il d’un acte hors du sujet (hors-sujet), un acte qui s’inscrit hors de la psyché du sujet ? La célèbre formule de Jean Didier Vincent de « représenaction » ne serait plus validée dans ce cas. Mais cette agitation n’est-elle pas aussi une recherche de sensations corporelles pour éprouver la continuité de soi hors de toute mise en relation ? S’agit-il de la peur de l’abandon ?

Travailler sur la place et le fonctionnement du paradoxe et de la contradiction dans la psyché et le corps de l’enfant mais aussi, dans la situation thérapeutique ouvre d’autres perspectives dont il sera question dans cet exposé.

 

Daniel COURBERAND – Conseil scientifique (Plénière- jeudi 12- 9h25)

Psychomotricien(D.E.) Psychothérapeute (Master en psychologie clinique et reconnaissance du titre par ARS) Psychodramatiste et Directeur adjoint au dispositif Entraide-Isère, responsable des   SESSAD Delphi-DYS de l’Isère. D. COURBERAND fut longtemps psychomotricien et enseignant en psychomotricité, avant d’être psychothérapeute et psychodramatiste.  Après plus de 35 ans de clinique en CMPP, en 2011, il prend la direction  et anime ,  les quatre équipes SESSAD  spécialisées dans l’approche des troubles « multi-dys » en Isère. Il est également formateur et superviseur d’équipes pluridisciplinaires comme de psychomotriciens. 

LE CORPOREL ET SES REPRÉSENTATIONS : LE « PROJECTIF » A L’ŒUVRE EN THÉRAPIE, UNE CERTAINE LECTURE DU « PETIT PRINCE »

 Je souhaitais poser d’emblée une problématique majeure lors de ces journées : Et si le corporel attendu en psychomotricité n’était finalement pas le corps ? Ce qui revient à poser la question du corps et de ses représentations comme un paradigme à dépasser aujourd’hui : s’il y a un bien un lien entre soma et psyché, entre corps et représentations, ce lien n’est-il pas qu’une dynamique projective à identifier et à repérer ? Car l’homme ne parle jamais franchement ni de son corps ni même de son soma !  En effet, dès la préhistoire, l’homme projette son corps sur les parois des grottes tout comme le bébé projette sur sa mère et tout comme l’enfant ou le patient en psychomotricité vient projeter du corporel ou du non-encore-corps dans l’espace de la séance, dans la salle, sur le thérapeute.
Je reprends ici l’histoire du Petit Prince et sa fameuse demande à st Exupéry : »s’il vous plait, dessine-moi un mouton ! »  pour illustrer ce qu’est le travail du  thérapeute-psychomotricien qui finalement ne  doit pas jouer de ses propres représentations corporelles ou  de ses attentes thérapeutiques   en séance , mais ne peut travailler qu’ en accueillant  non pas le corps  mais  les projections du corps de l’enfant (des traces somatiques excitatrices projetées au dehors voire des  objets-corps projetés inconsciemment) et ce, sans jamais perdre de vue que ce qui compte en  thérapie  c’est la contenance  qu’il va proposer et déployer (grâce au transfert corporel permettant  détoxications, rêverie,  enveloppes, mimésis, jeux,  verbalisations, symbolisations, interprétations etc…)

Ces contenants de pensées: le sens apporté  par la   compréhension de ce corps projectif, sont les re-présentations du corps au sens  du corpus (somas pensé) .Cette  « humanisation » du soma -d’ailleurs attendu par l’enfant dès sa naissance- est à  proposer et  à offrir    lors des séances psychomotrices    face à ce qui est évoqué ou pas  encore pensable en séances :  Etre dans le travail de représentation psychocorporel c’est  finalement « dessiner   la caisse  du mouton   » afin que l’enfant, ou l’adulte  patient  ( notre petit prince) puisse sereinement  imaginer  son mouton   au dedans, comme   le propose  si bien ST EXUPERY!

+ fil rouge (samedi 14-14h35)

 

Frédéric de FAVERNEY et Muriel Van CAMPENHOUDT (Atelier A7-jeudi 12 à 14h)

 Atelier photos – Mises en mouvements

Frédéric de Faverney: photographe spécialisé dans la prise de vue des expressions (corps, geste ou visage).

Muriel Van Campenhoudt: psychomotricienne

Mots clefs : Pratique corporelle, représentation du corps en situation, saisir le vivant de l’être en situation.

Objectifs : Mise en œuvre d’une activité corporelle par chaque participant en sollicitant les personnes du groupe.

Le thème pourra se décliner sur la pratique corporelle de chacun dans son activité professionnelle ou de loisir (théâtre, danse, yoga, chant…).

Les expressions corporelles, spécifiques non verbales seront saisies par la sensibilité du photographe dans l’instant de l’interprétation

Modalités : groupe de 10 personnes

  • Temps de préparation avec présentation des participants et de son thème
  • Temps de réalisation pratique du groupe
  • Retour

Demande d’autorisation pour la diffusion de l’image

Ces images seront exposées le samedi en salle plénière

 

Philippe De GEORGES (Plénière- samedi 14 à 9h25)

Médecin psychiatre – Psychanalyste – Membre de l’Ecole de la Cause Freudienne et de l’association mondiale de psychanalyse

Arthur, où t’as mis l’corps ?

L’opinion du jour fait du corps un enjeu. L’opinion, c’est à dire la rumeur, ce qu’on croit, ce qu’on nous raconte ; ce que disent les coachs, les médecins, les médias ; et donc, vous et moi, monsieur et madame tout-le-monde.

Le corps est l’enjeu du discours hygiéniste. Celui que tiennent les spécialistes de la santé et de la bonne conduite : mangez ceci, buvez cela ; ne mangez pas cela, ne buvez pas ceci ; ou seulement, avec modération. Surveillez votre pouls, votre tension, votre ligne (tour de taille, de hanche, taille des seins). Entretenez votre souffle, votre musculation, votre capital physique. Ce discours exerce une pression constante et bien pensante, qui remplace les préceptes religieux et moraux. Il pousse à des conduites ritualisées et normées supposées assurer la santé et le bien-être. Ces objectifs remplacent le salut de l’âme et l’éternité dans l’au-delà. Mais la rigueur moralisatrice et la même : la médecine dite scientifique remplace les dogmes de la foi et les coachs les curés de campagne. L’exigence de bonne gestion du corps est féroce et exorbitante. Elle produit du stress, de l’angoisse et de la souffrance. Sportifs dopés et anorexiques au bord de la crise de nerf en sont les témoins chaque jour.

Le corps est l’enjeu d’une industrie florissante, de produits de beauté, de nutriments et compléments alimentaires, de pharmacie et de parapharmacie. Et quand ça ne suffit pas, la seringue de l’esthéticien et le bistouri du chirurgien sont appelés à la rescousse pour réparer les affronts du temps, nier l’âge et l’usure et construire de toute pièce une jeunesse éternelle de pacotille. Les dégâts de ces ravalements de façade font rire les uns et pleurer les autres.

Tout ce business nourrit le commerce et le règne de la marchandise. Il conduit à la vente d’organes, au corps en kit, aux pièces détachées d’un rêve d’immortalité et de beauté synthétique. Cette légende n’a pas d’autre secret que la volonté de dénier la mort.

La face mercantile, qui est le fin mot de l’affaire, ne peut imposer ses vues que parce qu’elle fait fond sur deux ressorts de notre époque : le triomphe de l’image et la religion du corps.

La psychanalyse est pour le moins critique à l’égard de ce néo-paganisme du corps idole. Parce que ce culte ignore ce qui le fonde : nous ne sommes pas notre corps. Le corps ne nous donne pas de l’être (et à peine du bien-être à l’occasion). Notre corps est un des objets de notre monde. Nous pensons l’avoir, le posséder et ce discours ambiant nourrit l’illusion de sa maîtrise. Or, ce que chacun de nous éprouve chaque jour, c’est que nous n’avons pas vraiment prise sur lui et que notre corps « fout le camp ». Aujourd’hui comme hier, cette idolâtrie n’est qu’illusion et rêve vain. C’est l’enflure narcissique.

Si il est si tentant de tomber dans le piège, c’est que notre corps nous donne ce que nous avons de consistance. C’est par lui que nous éprouvons, que nous vivons et que nous jouissons.

PS : le titre est ironiquement emprunté à une chanson de Boris Vian : même sous la torture, Arthur ne sait pas où il a mis le corps !

 

Vincent DODIN et Florian VEDERINE (Symposium S7-« Corps et sensorialité »-vendredi à 14h)

DODIN Vincent : Psychiatre, chef de service du secteur de psychiatrie de St-Vincent de Paul à Lille. (GHICL).

VEDERINE Florian : Psychomotricien. Service psychiatrique de l’hôpital St-Vincent de Paul du GHICL de Lille. Coordinateur pédagogique et enseignant à l’IFP de Lille.

Représentations corporelles dans l’Anorexie Mentale. Internalisation des normes sociales et Dysmorphophobie

Les sociétés occidentales actuelles, par les images et valeurs qu’elles véhiculent, vouent un culte à la minceur et à la performance. Elles associent à la silhouette des valeurs morales très manichéennes : d’un côté les « bons maigres musclés » et de l’autre les « mauvais gros mous » (Guillemot et al, 1997). L’internalisation de ces critères de beauté plonge parfois les hommes et les femmes dans un engrenage mortifère dont l’anorexie fait partie. A vouloir ressembler à des corps irréels et impersonnels, ces victimes finissent par perdre la perception réelle de leur propre corps et de leur identité. La chute rapide et massive de poids va entraîner des désordres physiologiques, neurologiques et psychiques. Les sensations intéroceptives et extéroceptives sont annihilées et rendent les distorsions corporelles obsédantes. Ces défauts de représentations corporelles conduisent fréquemment à des rechutes et des boucles renforçatrices des comportements anorectiques. C’est pourquoi, nous émettons l’hypothèse de la nécessité d’un accompagnement thérapeutique constitué de psychothérapies, centrées sur la compréhension de la systémie familiale et des causes de la fragilité narcissique du patient, et de thérapies fondées sur les niveaux perceptifs (visuels, tactiles, proprioceptifs) et cognitifs. La psychomotricité trouve, alors, sa place dans la prise en soin des patients anorexiques. Le psychomotricien par son engagement corporel peut devenir réceptacle des tensions internes et des projections agressives des patients. Mais il joue également le rôle d’appui pour la recalibration multisensorielle des patients en les invitant au contact, à l’imitation gestuelle, aux mouvements. Il facilite l’expression et la perception de sensations structurées et structurantes indispensables à l’établissement d’un schéma corporel étayé et d’une image du corps valorisée. Durant ce discours à deux voix, entre médecin psychiatre et psychomotricien, nous évoquerons, en image, les parcours de certaines patientes. Nous montrerons, en nous basant sur des études récentes, comment l’internalisation des normes de beauté devient dans le même temps obstacle à la compréhension anatomique du corps, filtre perceptif et catalyseur d’insatisfactions corporelles. Nous évoquerons, ensuite, l’intérêt du bilan psychomoteur, et de la prise en charge binomiale dans le partage sociale des représentations et la réactualisation du système nerveux central au profit de la diminution de distorsions corporelles.

Mots clés : Anorexie – Internalisation idéal de minceur – Dysmorphophobie – Distorsion corporelle – Schéma corporel – Image du Corps

Bibliographie :

Combe, C. (2009). Soigner l’anorexie. Paris : Dunod.

Dodin, V., Testart, M-L. (2004. Réédition en 2017). Comprendre l’anorexie. Paris : Seuil

Dodin, V. (2014). Guérir les addictions chez les jeunes. Bruges : Desclée De Brower.

Frias I., Antoine P., Nandrino J-L., Dodin V. (2008). Le culte de la minceur in Archives de pédiatrie, 15, pp 33-36.

Guardia, D. (2013). Représentation du corps et anorexie mentale : de l’intégration sensorielle

à l’action : approche neurocognitive du phénomène de distorsion corporelle. Médecine humaine et pathologie. Université du Droit et de la Santé – Lille II, 2012. Français.

Guardia D et al.  (2012).  Imagining one’s own and someone else’s body actions: dissociation in anorexia nervosa. PloS One. 7(8). Pp1.9

Guillemot A., Laxenaire M. (1997). Anorexie mentale et boulimie. Le poids de la culture, Paris : Masson.

Nandrino, J.L (2015). L’anorexie mentale, des théories aux prises en charge. Paris : Dunod.

Stice, E. (2002). Risk and maintenance factors for eating pathology: A meta-analytic review. In Psychological Bulletin, 128, pp 825–848

Thompson, J. K., & Stice, E. (2001). Thin-ideal internalization: Mounting evidence for a new risk factor for body-image disturbance and eating pathology. in Psychological Science, 10(5). Pp 181–183

Védérine, F. (2014). « Le binôme d’enfant en en psychomotricité. Une particularité groupale en CMP ? » in Thérapie psychomotrice et recherches, N°178. pp 106-121

 

Marie Ange DURRWANG (Atelier A13-vendredi 13 à 15h)

Psychomotricienne au Centre Médico-Psychologique Infanto-Juvénile de Thonon les Bains (74), Animatrice de Danse Naturelle et Formatrice en Mouvement Développemental auprès de psychomotriciens. Dans cette présentation d’atelier, un lien est fait entre acte thérapeutique psychomoteur et ancrage philosophique ; de ce lien, une Approche Développementale Intégrative sera succinctement exposée et étayée par la présentation de situations cliniques d’enfants présentant des troubles praxiques.

Une représentation du corps en mouvement pour une conduite de l’acte thérapeutique psychomoteur

Mots clefs : Approche phénoménologique. Etre corporel subjectif. Intersubjectivité. Processus développemental. Genèse du mouvement. Grille de lecture et détection de zone développementale.

Ce travail de recherche a été initié par des questionnements devenant problématiques au fil des années au sein de mon travail de psychomotricienne :

1-         Le ballotage dont le métier de psychomotricien est l’objet depuis tant d’années entre deux ports d’attache : orientation psychanalytique ou orientation neuro-cognitive.

2-         Le problème de l’observation et de la lecture du mouvement de nos patients à relier me semble-t-il au manque de connaissance du développement psychomoteur dans ses fins maillages et à une expérimentation corporelle personnelle insuffisante du mouvement développemental par les psychomotriciens.

3-         Autre problème symptomatique : La désertion de la thérapie psychomotrice face à certains troubles pourtant si psychomoteurs tel que la dyspraxie

Problèmes qui me semblent être en rapport au manque d’arrimage du métier de psychomotricien à un « port » philosophique.

Dans ce travail présenté, je suggère un ancrage concernant l’acte thérapeutique psychomoteur à un « port d’attache » phénoménologique dont la représentation que nous aurions du corps en mouvement se rapprocherait de celle explicitée par Maine de Biran.

Celui-ci parle « d’être corporel subjectif » pour avancer l’aspect originaire du mouvement dans l’essence de l’être humain. Dans cette même perspective, Danis Bois parle « d’essence cinétique de l’être ».

En partant de cette représentation du corps, nous voilà plongés dans la vie sensible, relationnelle et proprioceptive de « l’ici et maintenant ».

Plaçant le sens proprioceptif comme porteur du sens de soi et fondateur des autres sens, la pratique personnelle du mouvement développemental par le psychomotricien me paraît ainsi fondatrice.

Cet ancrage et cette pratique m’ont conduit vers la construction d’une approche psychomotrice développementale dynamique et intégrative (ADDI).

Approche engendrant une clinique psychomotrice où les mouvements/praxies sont observés dans leurs micro-processus (dans leurs lettres constitutives et leurs formes neuro-motrices…). Mouvements mis en lien avec les domaines psycho-affectif, cognitif et social.

Une vignette clinique d’un enfant présentant un tableau de dyspraxie étayera ce propos.

La psychomotricité doit être attachée à un port qui la spécifie pour pouvoir explorer avec liberté et enrichissement d’autres espaces portuaires tels celui de la psychanalyse ou celui des neurosciences.

Bibliographie :

Bois Danis : « Le sensible et le mouvement » Ed. Point d’Appui » 2001

Coeman Albert et Marie Raulier H de Frahan: « De la naissance à la marche » Ed. ASBL 2004

Cohen Bonnie Bainbridge: « Sentir, ressentir et agir » Ed. N de Danse n°50, 2002

Henry Michel : « Philosophie et phénoménologie du corps » Ed. PUF 2006 Rochat Philippe : «Le monde des bébés » Ed. O. Jacob 2006

Stern Daniel N.: « Le moment présent en psychothérapie » Ed. O. Jacob 2004

« Le monde interpersonnel du nourrisson »  Ed. PUF 2006

 

Elsa DUVERNEUIL (Atelier A4-jeudi 12 à 15h)

Présentation : Psychomotricienne-CMP et hôpital de jour Grenoble

Du corps réel à ses représentations imaginaires. Quand le langage ficelle le corps

A travers les fragments d’une thérapie psychomotrice d’une petite fille autiste et sa mère, nous chercherons à dégager ce qu’il en est du réel du corps. Nous verrons comment les quatre objets de la pulsion, au-devant de la scène, viennent comme objets persécuteurs et source d’angoisse lorsqu’ils ne sont pas reliés par le langage de l’Autre. Le Transitivisme, tel que l’a proposé J. Berges, pourrait peut-être nous permettre de penser le travail en  psychomotricité. C’est à partir d’un corps à corps, de l’éprouvé corporel, que le langage de la mère puis de l’Autre peut venir nouer le corps. Comme l’avance J. Berges, « le symbolique est premier », avant même l’image spéculaire.  Par une mise en place dans le transfert, avec l’enfant et la mère, autour des éprouvés corporels, vient se ficeler le corps. C’est à travers une invention, le dessin, qu’Elisa a pu mettre en image ce réel du corps si angoissant et destructeur. Nous finirons par un détour par la poésie, car nous sommes finalement forcés, avec un enfant autiste, à aller contacter cette part de réel en chacun de nous qui pulse aux frontières du sens.

Mots clés: Autisme-Transitivisme-Objets de la pulsion-Réel-Imaginaire-Symbolique-corps à corps-Poésie

Bibliographie:

Bergès, J. et Balbo, G. (2005). Jeu des places de la mère et de l’enfant: essai sur le transitivisme. Ramonville saint-Agne : Erès éditions.

Lacan, J. (2014). Écrits. Paris : Éd. du Seuil.

Bergès, J. (2016). Le corps dans la neurologie et la psychanalyse: leçons cliniques d’un psychanalyste d’enfants. Toulouse : Érès éditions.

Noël, B. (2002). La face de silence. Paris : P.O.L.

Noël, B. (2004). Les yeux dans la couleur. Paris : P.O.L.

 

Claire FERRARESE (Symposium S1-« Psychomotricité et médiations »-jeudi 12 à 14h)

Psychomotricienne en service de Pédopsychiatrie – Hospitalisation pour adolescents et CMP-Lyon.

Médiation par le tai chi chuan dans le suivi d’une jeune fille anorexique.

 Il s’agit d’une rencontre en psychomotricité avec une jeune fille en anorexie, au sein d’un service d’hospitalisation psychiatrique pour adolescents. A notre rencontre, elle est focalisée sur son corps qui se résume à sa forme corporelle, et à ce qu’elle croit donner à voir.  Elle est comme anesthésiée.

En psychomotricité, la pratique du tai chi chuan va finalement nous permettre de sortir de l’impasse. Cet art martial interne chinois est un enchainement de mouvements, centré sur le schéma corporel, la coordination et l’orientation du corps dans l’espace. Il convoque intensément la mémoire et la conscience corporelle.

C’est une pratique à 2 ; nous sommes, ensemble, dans un balancement commun, sans contact corporel, ni face à face frontal. Un processus d’imitation puis de différenciation s’engage. La forme du mouvement remobilise progressivement son corps et lui redonne forme.  Son vécu vient se représenter dans ses dessins, reflets de son image du corps. Des formes primaires apparaissent et donnent une figuration à son axe et à son enveloppe corporelle. Il semble que cette approche permette un remaniement d’éléments archaïques avec une remise au travail des premiers liens.

Il est donc question de « reprendre forme » et de « refaire sens » dans les 3 acceptions du mot sens : la signification, la sensorialité, la direction.

Mots clés :Taï chi chuan, anorexie mentale, formes, sens

Bibliographie

 Combe C. (2009) Soigner l’anorexie. Paris. Dunod.

Dolto F. (1984) L’image inconsciente du corps. Paris. Editions du seuil.

Gaudry G., Grim O., Guiose M, Louvel JP. (2007) Arts martiaux en psychomotricité. Paris. Heures de France.

Brun A. « Processus créateur et figuration des traumas corporels archaïques dans les médiations thérapeutiques pour enfants psychotiques et autistes » cliniques méditerranéennes 2015/1 (n°91), p 9- 26.

Winnicott, D « la crainte de l’effondrement » nouvelle revue de psychanalyse 1975 (n°11) figures du vide p 35-44.

 

Christine GADISSEUX (Atelier A3-jeudi 12 à 14h)

Psychologue- psychomotricienne, formatrice dans le bachelier paramédical en psychomotricité HE-Vinci (Bruxelles)

 Le questionnement du professionnel sur sa pratique psychomotrice ?

Touchée par des récits de vie de personnes déficientes et les propos tenus par des psychomotriciens lors de supervision, je me suis posée ces différentes questions.

Qui présente l’image du corps la plus tronquée : le professionnel ou l’individu qui vit son corps et qui parle de ce corps ? Cette image du corps est-elle déformée par nos propres préceptes de professionnels ou est-ce lui qui me renvoie une image du corps tellement morcelée que je ne puis la penser telle qu’elle est perçue, ressentie et vécue par l’individu lui-même ? Qu’est-ce que ce prisme quotidien m’empêche de voir de la personne comme tel et qu’est-ce que ce prisme a comme incidence sur les objectifs de prise en charge ?

Très rapidement, j’ai été frappée du décalage entre les deux discours : celui de la narration du récit de vie et celui nommé lors des séances de supervision.

Les psychomotriciens avec lesquels je suis, me décrivent finement leurs façons d’être, regards et choix de prise en charge et leurs questionnements par rapport à ceux-ci mais cette phrase de Maléki Bassel (personne paraplégique) me revient en boucle : « Vite, je découvris que ses mains étaient habiles et délicates mais les regards qu’elle posait sur moi me firent comprendre qu’elle ne ferait pas des miracles » (propos tenus au sujet d’une prise en charge – Maleki Bassel, 2016, p.55)

Aussi après un détour sur la conception de l’image du corps, de la construction du sujet et surtout de la construction de la relation à l’autre, je souhaite réfléchir avec vous au reflet de notre propre image, de notre propre corps, de nos regards sur celui de la personne et de l’incidence de celui-ci sur son propre vécu. Partager cette réflexion me semble une des ouvertures possibles pour sortir de ce prisme vécu dans le quotidien de nos actions de thérapeute psychomotricien.

Bibliographie

MALEKI B. (2016). Les clés de mon existence. Namur : Editions Jésuites

MARCELLI D. (2006). Les yeux dans les yeux. L’énigme du regard.  Albin Michel

NASIO J.D. (2007). Mon Corps et ses Images. Paris : Payot

NUSS M. (2014). La présence à l’autre. Paris : Dunod

PIREYRE E.W. (2015). Clinique de l’image du corps. Du vécu au concept. 2ème édition. Paris : Dunod

WINNICOTT D.W. (1971). Jeu et réalité. France : Gallimard

 

Monique GIL, Alexandra MAIFFRET et Laure LANTERI(Atelier A17-vendredi 13 à 14h)

Monique GIL: Assistante sociale au CSAPA du centre hospitalier d’Antibes Juan-les-Pins.

Alexandra MAIFFRET: Psychologue au CSAPA du centre hospitalier d’Antibes Juan- les-Pins.

Laure LANTERI: Conservatrice du patrimoine. Responsable du service des publics des musées d’Antibes.

L’atelier Picasso

Assistante sociale et Psychologue au CSAPA d’Antibes, nous avons créé il y a deux ans un atelier de médiation culturelle que nous avons appelé « l’atelier thérapeutique Picasso ». Cet atelier est organisé en partenariat avec le musée Picasso d’Antibes.

A l’origine, cet atelier était une des activités proposées lors d’une semaine de « cure ambulatoire » mise en place par les deux CSAPA d’Antibes.

L’idée de cette cure est de favoriser et soutenir, pendant une semaine, l’abstinence de nos patients dépendants, en leur proposant d’investir d’autres dimensions de leur/la vie que celle de leurs consommations.

Nous souhaitions également les amener à découvrir ou redécouvrir ce que leur ville, leur environnement quotidien, pouvaient leur proposer et notamment le volet culturel.

Nous avons alors sollicité le musée Picasso de la ville d’Antibes et nous avons eu la chance de rencontrer une conservatrice qui s’est investie avec beaucoup d’enthousiasme dans ce projet et ensemble, nous avons construit la forme :

Temps 1 : Elaboration du thème : (pour la cure ambulatoire : le sevrage)

Temps 2 : Dans le musée, découverte d’une ou plusieurs œuvres en rapport avec le thème (Ulysse et le chant des sirènes !!)

Temps 3 : Dans l’atelier, production individuelle en lien avec l’œuvre vue et le thème ‘ (dessiner ou peindre ce qui a été « vu « dans l’œuvre)

Temps 4 : Mise en commun et synthèse

Certains de nos patients éprouvent de grandes difficultés à se parler, se représenter, exprimer leurs émotions ou élaborer.

Leur rapport au corps est souvent confus, plus ressenti qu’éprouvé et souvent mis à mal. Beaucoup d’entre eux sont fragilisés dans l’interaction et le lien à l’autre.

A l’issue de cette cure nous avons compris la nécessité de déplacer le support d’expression et de proposer à nos patients une autre manière de parler d’eux, de se représenter et d’être avec les autres.

Ainsi nous avons décidé de pérenniser et d’institutionnaliser ce projet.

N’ayant aucune formation en art thérapie nous avons construit cet atelier sur des « regards croisés » : entre ceux des patients, ceux de la conservatrice, les nôtres, ceux du groupe et ceux des œuvres.

La dimension formelle et thérapeutique évolue au fil de ces rencontres et une fois par mois, nous nous retrouvons en synthèse sous le regard cette fois d’un intervenant extérieur qui nous supervise.

Le groupe est mixte et composé de 4/5 patients. Il a lieu 1fois par mois et le thème varie d’une année à l’autre.

 

Françoise GIROMINI – Conseil Scientifique et Laurent BONNOTTE  (5 Vidéo)

Françoise GIROMINI: Psychomotricienne. Directrice de l’IFP de la Faculté de Médecine Pitié-Salpêtrière et Professeure Associée de l’Université Pierre et Marie Curie de 2001 à 2010. Master de Philosophie de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, spécialisée en Philosophie de l’Art. Par ses écrits, ses conférences et son enseignement, participe activement à la diffusion de la psychomotricité en Europe et dans le Monde.

Laurent BONNOTTE: Psychomotricien en IEM, chargé de cours IFP de la Faculté de Médecine Pitié-Salpêtrière et formateur.  Artiste transmédia.

LES IMAGES-MOUVEMENT DU CORPS 

Là où l’art représente l’invisible, l’insondable mais aussi l’insoutenable des corps et de leurs expressions, en guise d’introduction de ces journées consacrées au corps et à ses représentations nous vous présenterons Bill Viola, le plus célèbre des vidéastes dont l’œuvre à fait l’objet d’une monumentale rétrospective au Musée du Grand Palais à Paris en 2014 car c’est avec lui que les images vidéo sont entrées dans le monde artistique vers la fin du siècle dernier.

Il a toujours envisagé  la création artistique du point de vue de notre finitude en ayant fait lui-même à l’âge de 6 ans l’expérience de la noyade, qui fut, dit-il,  un traumatisme heureux, car il lui a permis de  créer un nouveau genre visuel : revisitant les plus grands peintres flamands, italiens et espagnols des 15 et 16ème siècle dont il s’est inspiré pour représenter le langage visuel de l’inconscient,  il a mêlé, telle une bande de Moebius, espace intérieur et espace extérieur à travers de somptueuses peintures en mouvement.

Les mots vont cheminer tout au long de ce colloque questionnant tout à tour la psychologie, la neurologie, la psychanalyse, l’anatomie, la psychiatrie, la philosophie, l’anthropologie ou encore la haute technologie pour dessiner notre corporéité. Celle-ci ne pourra jamais être saisie dans sa totalité, mais nos connaissances et nos pratiques en garderont les traces.

C’est pourquoi nous avons eu l’idée d’aborder les représentations du corps en les montrant sous les formes images-mouvement de l’art vidéo contemporain et de la performance.

Perception altérée ou déconstruite du corps, visions crues d’Eros et Thanatos, Métamorphoses ou dédoublement, mouvements pulsionnels ou transcendés, corps hybride, corps virtuel…

C’est ainsi que nous accompagnerons chacune de ces journées par de courts montages-vidéo réalisés avec des morceaux d’œuvres produites par des plasticiens de notre temps, jeunes ou moins jeunes, de renommée mondiale ou moins connus du grand public.

Les images artistiques vont entrer en friction avec les mots des orateurs invités et avec les   représentations propres à chacun d’entre nous. A nous de saisir ce qu’elles expriment de vie faite de  rêves, de souffrances, d’incertitudes, d’angoisses, d’obscurité, de tensions, de désir, de plaisir,  de lumière. Et aussi de légèreté et de charme !

Artistes et œuvres pressenties :

Alain Escalle, D’après le naufrage, 1994

Takahiro Limura, Love, 1962

Peter Tscherkassky, Outer space, 1999

Peter Tscherkassky, The exquisite corpus, 2015

Carole Arcega, Macula 2004

Eija-Liisa Ahtila, Love is a treasure, 2002

Eija-Liisa Ahtila, consolation service, 1999

Jonas Mekas, Le journal de Walden, 1969

Bill Viola, Ascension, 2000

Bill Viola, The passing, 1991

Bill Viola, ocean without a shore, 2007

Muybridge, Human motions, 1884-85

Marina Abramovic & Ulay, The other : rest energy, 1980

Marina Abramovic, performances

Doug Aitken, The Sleepwalkers, 2007

Orlan, Metamorphosis, 1993

Tony Oursler, 1 plus 1 equals 1, 2014

Tony Oursler, Autochtonous, 1994

Adrien Mondot et Claire Bardainne, Hakanaï, 2013

Le titre de cette intervention est emprunté au philosophe Gilles Deleuze : l’image-

mouvement : cinéma 1- 1983

 

Bernard GOLSE (Plénière- jeudi 12 à 16h55)

Pr de psychiatrie infantile – Chef du service de pédopsychiatrie – hôpital Necker – Paris Psychanalyste – Président de l’association Pikler Lóczy-France.

Auteur de nombreux ouvrages

 Du corps à la pensée, un trajet à double sens

De l’interpersonnel à l’intrapsychique, le bébé accède à l’intersubjectivité et à la subjectivation à partir de ses vécus corporels et de la construction de son Moi-corps.

La synchronisation des flux sensoriels en provenance de l’objet est ici essentielle.

Mais, ce qu’il importe de souligner, c’est que dans le champ de la psychopathologie, l’enfant peut fuir dans son corps pour éviter sa pensée, mais il peut aussi se réfugier dans sa pensée pour échapper à certains de ses ressentis corporels angoissants.

Il s’agit donc bien d’un trajet à double sens que nous explorerons en référence à la question des organisations autistiques.

 

Michèle HARROCH (Symposium S5-« Corps et art »-vendredi 13 à 14h)

Psychologue – Psychanalyste

Dalí, du corps à l’œuvre,un regard vissé au corps.

« Appareil » à capter et à produire de belles images de l’étrange, de l’horreur, du réel ou encore un « regard-caméra », voilà ce qui pourrait annoncer la spécificité du corps dalinien. Le regard vissé au corps Salvador Dalí crée des semblants destinés à produire une « anamorphose du réel », une érection du réel.

Avant d’être une représentation visible pour l’Autre, le corps propre est d’abord celui que l’on imagine, que l’on croit avoir. C’est sur cet emprunt à la psychanalyse que va s’ouvrir notre propos autour du parcours et des œuvres du scandaleux Salvador Dalí. Il y a bien quelque chose du corps à l’œuvre, quelque chose de l’intime exhibé. L’idée d’avoir un corps, aussi fragile soit-il, tient fondamentalement à la fonction du regard, elle-même inhérente au langage chez l’homme.

Avec et au-delà de sa véritable passion pour la psychanalyse, Dalí a su bricoler sa genèse, un mythe et ses thématiques dans une langue picturale hors du commun. Alors, comment les créations l’artiste, d’un homme qui ne croit pas en l’Autre viennent-elles répondre à l’énigme de son être ? Comment en tissant ses propres fable, un sujet invente-t-il aussi les objets qui le causent, ces semblants de corps par quoi il ex-siste ?

DALÍ Salvador, PAUWELS Louis, Les passions selon Dalí, Paris, Denoël, 1968.

DALÍ Salvador, The secret life of Salvador Dali, translated by Haakon M. Chevalier, New York, Burton C. Hoffman, Dial Press, 1942.

DALÍ Salvador, La vie secrète de Salvador Dalí, (1952) adapté par Michel Déon, Paris, Gallimard, 2004, L’imaginaire.

DALÍ Salvador, Journal d’un génie adolescent, (1919-1920), Paris, le Serpent à plumes, 2004, Motifs.

DALÍ Salvador, Journal d’un génie, (1952-1963), Paris, Gallimard, 2004, L’imaginaire.

GIBSON Ian, The Shameful life of Salvador Dalí, London, Faber and Faber, 1997.

HARROCH Michèle, « Dalí entre Shreber et Joyce ou l’exception du sinthome », Thèse soutenue à Paris VIII, sous la direction de Gérard Wajeman, décembre 2013.

BOUHOURS Jean-Michel& HARROCH Michèle, « Salvador Dalí, le grand perturbateur », in Le Nouvel Observateur, Hors série, Le dictionnaire des scandaleux, octobre 2014.

 

 Agnès ICART et Anne MEYNADIER-MARIOTTINI (Symposium S7-« Corps et sensorialité »-vendredi à 14h)

Agnès ICART: Pédopsychiatre hôpital de jour Costanzo secteur 06I05 Hôpitaux CHU-LENVAL/Nice

Anne MEYNADIER-MARIOTTINI: Pédopsychiatre hôpital de jour saint Antoine de Ginestière secteur 06I03 Hôpitaux CHU-LENVAL/Nice

L’Approche Sensorimotrice d’André Bullinger appliquée aux soins en pédopsychiatrie

 L’approche sensorimotrice d’André Bullinger, s’intéresse à la période pré instrumentale, et considère le bébé comme acteur de son développement.

En interaction avec son entourage, soumis aux flux sensoriels du milieu, il construit progressivement une représentation de lui et de l’espace environnant.

Ce modèle novateur, nous permet à partir du bilan sensorimoteur d’évaluer les particularités développementales des enfants que nous accueillons en pédopsychiatrie mais aussi de comprendre les conduites adaptatives qu’ils utilisent pour palier à leurs déficiences.

Les moyens thérapeutiques qui en découlent consistent à la mise en place d’« appuis » pour relancer le développement ou limiter les handicaps.

Au cours de cet exposé nous décrirons, en justifiant de leurs intérêts, les différents moyens thérapeutiques en sensorimotricité utilisés dans les soins donnés aux enfants en pédopsychiatrie.

BULLINGER A.(2004),Le développement sensorimoteur et ses avatars, Ramonville Saint-Agne, Edition Eres.

BULLINGER A. (2007), Sensorialité et émotionnalité primaire, approche sensori-motrice et développementale. Paris, GERPEN.

BULLINGER A.(2006), Approche sensori-motrice des troubles envahissants du développement. Contraste 25,125-140.

BULLINGER A. et l’ABSM (2015), Les effets de la gravité sur le développement du bébé, l’espace de la pesanteur, Edition Eres.

BULLINGER A. (2017), Le développement sensori-moteur de l’enfant et ses avatars, L’espace de la pesanteur, le bébé prématuré et l’enfant TED, La Vie de l’enfant, Edition ERES.

CAMARET-NINU E.(2016), Place et rôle de la vision dans le développement sensorimoteur de l’enfant, Contraste n° 43.

KLOECKNER A., JUTARD D., BULLINGER A., NICOULAUD L., TORDJMAN s., CHEN D. (2008), Intérêt de l’abord sensorimoteur dans les pathologies autistiques sévères I: introduction aux travaux d’André Bullinger. Neuropsychiatrie de l’Enfance et de l’adolescence vol 57 n°2, 154-159.

KLOECKNER A, CHADZYNSKI D., CAMARET E., BULLINGER A., in Press, Du bilan psychomoteur au bilan sensorimoteur: enrichissement de la compréhension de l’enfant, Traité européen de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.Paris, Flammarion.

LIVOIR-PETERSEN M.F.(2011), De l’organisme au corps dans l’approche sensori-tonique du développement. Contraste 34.

LIVOIR-PETERSEN M.F (2008), Le dialogue tonico-émotionnel: un gué permettant au bébé de passer d’une succession d’états toniques à des états d’âme. Contraste, 28-29, 41-70.

LIVOIR-PETERSEN M.F. ( 2010), L’approche sensori-tonique et la question du morcellement. Le tonus toile de fond des émotions.Thérapie psychomotrice. 162, 38-57.

VASSEUR R., DELION P. (2010), Périodes sensibles dans le développement psychomoteur de l’enfant de 0 à 3 ans. Toulouse, Edition ERES

Mots clés : Trouble envahissant du développement, approche sensori-motrice du développement, bilan sensori-moteur, appui, arrière-fond, dialogue tonico-émotionnel, agrippement, équilibre sensori-tonique, prothèse de rassemblement, recrutement tonique, stéréotypie, représentation.

 

Chantal JAQUET (Plénière-jeudi 12 à 11h15)

Philosophe, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ancienne élève de l’ENS, agrégée de philosophie et docteur en philosophie, Chantal JAQUET est professeur d’histoire de la philosophie moderne à l’université Paris1-Panthéon-Sorbonne. Centrées autour des expressions de la puissance d’agir, ses recherches portent sur la philosophie du XVIIe siècle, (Spinoza et Bacon), sur la philosophie du corps, (les rapports corps/esprit, l’odorat, l’art contemporain olfactif) et sur la philosophie sociale.Elle a publié 21 ouvrages parmi lesquels figurent Sub specie aeternitatis, étude des concepts de temps durée et éternité chez Spinoza, (Kimé, 1997, Classiques Garnier 2014) ; Le Corps, PUF, 2001 ; L’unité du corps et de l’esprit. Affects, actions passions chez Spinoza, PUF, 2004, 2015 ; Les expressions de la puissance d’agir chez Spinoza, Publications de la Sorbonne, 2005 ; Philosophie de l’odorat, PUF, 2010 ; Bacon et la promotion des savoirs, PUF, 2010 ; Les liens corps esprit, regards croisés à partir de cas cliniques, C. Jaquet, P. Neveu, E. W. Pireyre, F. de Sainte-Maréville, P. Scialom, Dunod, 2014 ; Les Transclasses ou la non reproduction, PUF, 2014 ; L’art contemporain olfactif, Classiques Garnier, 2015.

Être ou avoir un corps ? Le problème du corps propre.

 Quand je parle de « mon corps », qu’est-ce que je dis au juste ? L’expression « mon corps »  implique la référence à un moi qui identifie le corps ou qui s’identifie à lui. Cette identification peut prendre la double forme de l’avoir et de l’être, selon que ce moi proclame qu’il a  ou qu’il est un corps. Mais que je dise que j’ai ou que je suis un corps, cela pose dans tous les cas la question de savoir quelle la nature de ce sujet de référence et de ses liens avec le corps propre. L’objectif est d’analyser les deux modalités de l’être et de l’avoir afin de pouvoir mieux cerner ce qui se joue dans l’affirmation du corps propre.

Eléments de Bibliographie autour du corps 

Le Corps, PUF, 2001.

-L’unité du corps et de l’esprit. Affects, actions passions chez Spinoza, PUF, 2004, 2015 ;

-Philosophie de l’odorat, PUF, 2010

-Les liens corps esprit, regards croisés à partir de cas cliniques, C. Jaquet, P. Neveu, E. W. Pireyre, F. de Sainte-Maréville, P. Scialom, Dunod, 2014

 

Fabien JOLY – Conseil scientifique (Plénière-samedi 14 à 11h15)

Psychomotricien-Psychologue-psychanalyste

 Le corps-en-relation : un vecteur pour la représentation, un moteur pour l’image de soi

La problématique des images du corps est essentielle en psychologie et singulièrement pour les praticiens du corps que sont les psychomotriciens. C’est un des concepts clefs d’une psychopathologie clinique qui ne fait pas fi du corps, de son vécu, de son « habitation » et de ses représentations.  L’interface de la clinique avec la métapsychologie psychanalytique a de surcroît et depuis Françoise Dolto rencontré une autre validité une autre fécondité autour du concept d' »image inconsciente du corps » …

En 1993 – premières J.A. sur ce thème ici même à Antibes – je proposais déjà de discuter et « d’éclater », depuis la clinique psychomotrice, la notion par trop « condensée » d’Image du Corps  pour aller vers la juste mesure (clinique et théorique) d’un complexe subjectif « en perpétuel procès » (entre représentations mouvantes de Soi, images du corps, schéma corporel, pulsionnalisation et appropriation subjective).

J’ai depuis avancé une autre proposition, à cet endroit du corps et de ses représentations autant que de son « habitation » ou de son instrumentation, pour tiercéïser et complexifier  une pensée par trop dualiste :  à côté des écrasements de la question de la psychomotricité et tout autant de la complexité des images du corps trop souvent rabbatues sur le seul neuromoteur et fonctionnel de l’Homme Neuronal (voir « machinal » cher à Changeux et certains collègues fondamentalistes), soit sur les seules logiques intra-psychiques et représentationnels du Sujet de l’Inconscient (cher aux psychanalystes de toutes chapelles),    il y a place, mieux il y a  absolue nécessité,  pour un chainon manquant : le carrefour psychomoteur,  l’être psychomoteur   (« homo psychomotorus »).  Et c’est à cet endroit « intermédiaire » d’un troisième terme, d’un carrefour, le nouage même de la psychomotricité  que par exemple la dynamique des images du corps intègre les dimensions neuro-développementales et fonctionnelles  du schéma corporel  dans le même temps et le même mouvement que les dimensions historiques, pulsionnelles relationnelles et intersubjectives de l’image inconsciente du corps.

Je voudrais ajouter aujourd’hui à l’occasion de cette revisitation offerte par les nouvelles J.A. d’Antibes  Juan les pins 2017  (et l’élargissement implicite proposé par l’argumentaire de ces J.A. ouvrant à la complexité et la multidimensionnalité des représentations du corps)  ajouter un point de plus :  c’est autour de la juste mesure de la notion de corps-en-relation  introduite par J. de Ajuriaguerra à l’endroit d’une définition de la psychomotricité,  que nous pourrons travailler (et essaierons d’illustrer) la constitution autant que les avatars du complexe image de soi – image du corps dans la trajectoire de représentance et d’appropriation subjective, au lieu même du psychomoteur et de l’opérateur subjectif princeps qu’est ce « corps en relation » ;  à la fois contenu des expériences qui vont se sédimenter en terme d’images du corps, mais tout autant contenant actif (et conteneur transformateur) des premières représentations, et encore vecteur et moteur du travail de subjectivation …

Nous essaierons d’illustrer cette nouvelle proposition de vignettes cliniques et de problématisations psychopathologiques princeps (anorexie mentale, maladies somatiques, autisme, etc.), en terminant sur les répercussions théoriques voire métapsychologiques de cette proposition.

Quelques indications bibliographiques d’auteur   (bibliographie complète 350 références sur demande)

ouvrages

JOLY (F.)  dir.Corps et Narcissisme – Paris, In Press, 2016

JOLY (F.)  dir.L’enfant autiste et son corps  –  Paris, In Press, 2016

JOLY (F.) – BERTHOZ (A.) :  Développement corporel et relation avec autrui

(Julian de Ajuriaguerra et la naissance de la psychomotricité tome 4)  – Paris, Ed. Papyrus, 2012.

BOUTINAUD (J.) – JOLY (F.) – MOYANO (O.) – RODRIGUEZ (M.):  Où en est la Psychomotricité ? Paris, In Press, 2014.

JOLY  (F.) dir. :  L’enfant Hyperactif   Paris, Ed. du Papyrus, 2007

JOLY (F.)  dir.  :  Sa Majesté le bébé  –  Toulouse, Erès, 2008.

JOLY (F.)   dir. :    JOUER …   – (2003) 2ème édition Paris, IN PRESS 2015

TOUATI (B.) – LAZNICK (M.C.) – JOLY (F.)  dir.Langage, voix et Parole dans l’autisme  – Paris, P.U.F., 2007.

articles de revues et chapitres divers

JOLY (F.) :  » Le Corps et ses Symbolisations »  (en préparation congrès national CIRPA Vannes – à paraître)

JOLY (F.) :  « Corps et Psychopathologie »  (en préparation congrès national corps et psyché Biarritz à paraître)

JOLY (F.) : « La réponse est le malheur de la question : être analyste « et » psychothérapeute dans la rencontre avec des adolescents »   Le Journal de la Psychanalyse de l’Enfant 2017 (sous presse)

JOLY (F.) : « Les expériences psychomotrices comme appuis psychiques subjectifs» Thérapie Psychomotrices (JA Rouen à paraître)

JOLY (F.) :  « Images du Corps / Image de Soi dans la névrose  (de l’enfant à l’adulte) » in  J. Boutinaud et coll.  : Image du Corps (figures psychopathologiques et ouvertures cliniques) pp.199-230 Paris,  In PRESS, 2016.

JOLY (F.) : « Psychomotricité : un enjeu central et identitaire de l’humain »  Reliance 2016 n°20 pp.4-11

JOLY (F.) :   « Le corps et les liens corps/psyché … Réflexions à partir de la question pulsionnelle »    Revue Belge de Psychanalyse 2015 n°66  pp.47-69

JOLY (F.)  :  « Le corps de Narcisse – petite note interrogative » –   Journal de Psychanalyse de l’Enfant   2014 Vol.4 n°2 pp.15-24.

JOLY (F.) : « Entre neurosciences, psychologie du développemen et psychanalyse : le carrefour psychomoteur »  in N. Girardier et coll. La Psychomotricité entre neurosciences et psychanalyse pp.39-78 –  Paris, In Press 2016.

JOLY (F.) – BOUTINAUD (J.) – RODRIGUEZ (M.) : « Jeux et Médiations dans la clinique psychomotrice »  Thérapie Psychomotrice (à paraître JA Montpellier)

JOLY (F.)  :  « Le corps et l’Inconscient chez l’enfant »  Journal de Psychanalyse de l’Enfant  2012 Vol.2 pp.285-321.

JOLY (F.) :  « Enjeux du corporel et du psychomoteur dans l’autisme (psychanalyse, neuroscience et psychopathologie développementale)» In M.D. AMY  dir.  “Autismes et Psychanalyses – évolution des pratiques, recherches et articulations”   pp.93-140   Toulouse, Erès, 2014.

JOLY  (F.) : « Entre intériorité et extériorité : le corps et la pulsion »

Thérapie Psychomotrice et recherches   N° spécial  J. A. de Grenoble (sous presse)

JOLY (F.) :   « La réanimation psychique des fonctions cognitives : illustration dans la psychothérapie d‘un jeune homme Asperger »   Le Journal de la Psychanalyse de l’Enfant 2015 N°1 Vol.5  Varia   pp.115-146

JOLY  (F.) : « Corps et Psyché » in F. Marty :  les grandes problématiques de la psychologie clinique  pp.175-194 Paris, Dunod, 2009.

JOLY  (F.):  « Notre corps n’est rien sans le corps de l’autre » Thérapie Psychomotrice 2003 n°134 pp.40-58

JOLY (F.) :   « Le corps en question : psychopathologie des troubles instrumentaux »  Le Carnet PSY. 2009 n°138 pp.39-49

JOLY (F.) : « TIC, TAC, TOC, TOP, TED et THADA :  la fonction et le fonctionnement » Neuropsychiatrie de l’Enfant  et de l’Adolescent  2010  n°58 pp.379-390

JOLY  (F.) : « Le développement psychomoteur : un paradigme pour la psychopathologie du XXIème siècle »  Contrastes 2011 34/35  n° spécial « développement »  pp.213-235

JOLY  (F.) :  « The Body of the Autistic Child : an integrated approach »  In  AUTISM  dir. Prof. I. Lorkovic  –  chap.24 pp.437-450  – Ed. In Tech New York 2011.

JOLY (F.) :  « Le cierge et le prisme … Réflexions sur la psychothérapie d’un jeune adulte Asperger »

In  M.D. AMY  Autisme(s) et Psychanalyse VOL.2  spécificités des pratiques psychanalytiques    pp.231/275  –  Toulouse  Erès, 2016.

JOLY (F.) :   « Autisme : histoire, actualité, courage et complexité …  (We have made a dream !)”

Psychiatrie Française  XXXIII / 2012-2  (janvier 2013)  spécial autisme  pp.32-6

JOLY (F.) :   « Le travail du médium et l’expérience du médiatif : quelques enjeux théorico-cliniques autour des médiations corporelles thérapeutiques »   Le Journal des Psychologue juin 2012 dossier n°298 pp.16-21  « Le corps en médiation : expression et psychothérapie »

JOLY   (F.) : « Le corps en abîme … souffrances du corps de l’enfant, représentations abîmées du corps de l’adulte »    Thérapie Psychomotrice et recherches 2011 n°166 pp. 48-61   spécial J.A. Toulon

JOLY  (F.) :   « L’autisme …. à bras le corps ! »

Nouvelle Revue de l’Adaptation et de la Scolarisation    2010 n°50  Corps, Identité, Handicap  pp.47-58

JOLY (F.) :  « Le sujet et la dynamique des images du corps »

Thérapie Psychomotrice  1993 n°99 pp.48-71

JOLY (F.) :  « Angoisses psychotiques et Images du corps »

Neuropsychiatrie Enfant et Adolescence  1996 Vol.44 n°11 pp.581-590

 

Aurore JUILLARD (Atelier A15-vendredi 13 à 15h)

 Présentation : psychomotricienne à l’hôpital d’instruction des Armées Desgenettes à Lyon, enseignante à l’ISTR de Lyon, l’ISRP de Marseille et au DU de relaxation psychothérapique de Limoges, Formatrice à la Société Française de Relaxation Psychothérapique et membre de l’Ecole Française du Training Autogène.

 Corps du militaire touché : « qui suis-je, si je ne peux plus me battre ? »

Mots clés : stress post-traumatique, sensations, sens, Corps, militaire.

Être militaire, c’est appartenir à un corps, une unité. Chaque sujet est sous les ordres d’un chef de corps et dans son régiment règne « l’esprit de corps ». L’individu doit savoir s’effacer au profit de la collectivité. Lorsque l’on travail auprès de cette population, le rapport à leur propre corps tel que nous l’entendons en psychomotricité est chez eux porté par des caractéristiques de puissance, force, endurance physique, des caractéristiques de compétition, dépassement de soi ainsi que des caractéristiques de maîtrise, de contrôle des émotions…

Lorsque nous les rencontrons au sein des hôpitaux d’instruction des armées, leurs blessures sont parfois physiques (survenues en OPEX, entraînement ou autres) et souvent psychiques. Ces dernières, invisibles, sont maintenant reconnues et prises en compte. Toute blessure vient marquer une rupture avec leur corps militaire. Les sentiments d’abandon, de perte, de non reconnaissance sont au 1er plan et renforce d’autant plus la distance avec leur propre Corps. Ils sont écartés de leur appartenance au corps militaire et un écart augmente avec leur Corps qui les lâche.

Il va s’agir de présenter ce parcours des représentations du corps militaire jusqu’à cette rupture et l’intérêt du travail psychomoteur pour leur permettre de vivre et se représenter leur propre Corps. Le passage d’une personne anesthésiée à une personne qui sent et met du sens à son Corps.

Les derniers évènements en France ont amené une place d’autant plus présente dans notre société des militaires, nous réfléchirons à l’impact de cette évolution sur leur Corps et ses représentations.

Bibliographie :

AUGE A., Rejoindre les rangs après la blessure. La réinsertion en milieu militaire du soldat blessé, une experience solciale singulière, socio-logos, 2014

CROCQ L., Traumatismes psychiques. Prise en charge psychologique des victimes. Masson, 2007

DAUDIN M., DEFONTAINE D., Blessure psychique et vécu corporel : prise en charge conjointe psychiatre-psychomotricien, Annales medico-psychologiques

MONTEAN R., Urgence : une course contre la mon(s)tre, Lyon, mai 2015

RANTY Y., Le corps en psychothérapie de relaxation, L’Harmattan, 2001

ROTHSCHILD B. , Le corps se souvient : mémoire somatique et traitement du trauma, Bruxelles, Belgique : de Broeck, 2008

THOMAS G., MONTEAN R. , Du faire au dire : à propos de la temporalité chez le patient alexithymique, L’information psychiatrique, me 86(7), 591‑595, 2010

 

 Anne-Marie LATOUR (Plénière- vendredi 13 à 17h30)

Psychomotricienne – Formatrice

 L’objet concret, un support à la figuration du corps et ses fonctions.

Les objets concrets peuplant la salle de psychomotricité, sont des outils précieux et indispensables pour la mobilisation psychomotrice des patients. Ils ont à la fois une fonction d’attracteur, au risque de la sur-stimulation et de l’excitation. Ils ont aussi un rôle pare-excitant notamment par leur capacité à organiser l’espace et les activités. Ils ont une autre fonction, peu explorée, permettant la figuration des problématiques psychomotrices ; à ce titre et dans certaines conditions, ils peuvent contenir les préoccupations corporelles et interactionnelles des patients.

Outre leur rôle souvent décrit de médiateur de l’expérience, les objets favorisent par leur manipulation, un ancrage et des représentations dans le sensori-moteur (A. Brun). Ils offrent notamment et au moins par leurs qualités physiques (spatiales, formelles et matérielles notamment) un support pour la symbolisation primaire, sinon encore pour les processus de subjectivation.

L’hypothèse peut être soutenue que l’objet concret représente l’occasion d’une expérience esthétique (D. Meltzer) avec une double potentialité : organisation et/ou aliénation.

L’effet organisateur peut être attendu de l’expérience d’ordre, de cohérence, d’harmonie (de beauté) qu’offre l’objet en lui-même, quand bien même il ne s’agit que d’un cerceau, d’une boule de papier ou d’un tube : l’objet choisi par le patient pourrait être « celui qui arrête un instant le chaos du monde » par la figuration qu’il propose d’un objet-corps structuré et stable.

Le risque de l’aliénation à l’objet concret réside entre autres dans son fort pouvoir attracteur (sa beauté). La possibilité du dégagement hors du collage à l’objet et de l’expérience esthétique est produite par l’implication ferme et respectueuse du thérapeute, au risque de la subjectivité.

L’expérience d’organisation et de figuration offertes par les qualités spatiales, formelles et matérielles de l’objet concret sera développée et étayée d’exemples cliniques. Sera exploré aussi l’appui pour l’expérience subjective que permet, sous certaines conditions, l’objet concret.

 

Mélisande Le CORRE (Atelier A9-jeudi 12 à 15h)

Psychomotricienne DE, DU d’Ethnopsyhiatrie. Unité Hospitalière Spécialement Aménagée, GH Paul Guiraud, Villejuif (94).

L’image du corps à l’épreuve des violences, de l’incarcération et de la dépression : quand la thérapie psychomotrice permet la ré-émergence d’une sensibilité et d’une subjectivité.

L’exercice en psychiatrie carcérale amène le thérapeute à rencontrer des individus ayant été victime et/ou acteur de tous types de violences, antérieurement et au décours de leur détention.

L’image du corps « est envisagée comme la superposition d’images du passé et d’autres, plus actuelles : elle est personnelle, liée à l’histoire du sujet, inconsciente mais possiblement préconsciente quand elle s’associe au langage. Elle est définie comme portant la trace de la rencontre du sujet avec l’autre. »1 Nous comprenons donc que les violences – physiques, psychiques, sexuelles – subies et générées par un individu, de même que le passage à l’acte et le vécu d’enfermement, influencent l’image du corps du patient pour lequel une indication en psychomotricité est posée.

A travers l’exposé du suivi en psychomotricité de Célina, une femme victime de violences l’ayant conduite à l’homicide et hospitalisée pour une mélancolie avec idéations suicidaires, nous envisagerons comment la thérapie psychomotrice permet de comprendre la qualité de l’investissement du corps et de ses représentations, se met au service de la réémergence d’un accès à une sensibilité et à une subjectivité disparues ; et comment l’évolution du rapport à Soi et à autrui s’exprime à travers le dessin du bonhomme. En effet, cet outil traduit « l’expression de soi dans un rapport complexe entre soi-même, le regard d’autrui et la relation à autrui. »2

Mots-clés : image du corps, violences physiques, psychiques et sexuelles, passage à l’acte, incarcération, dépression, psychomotricité, dessin du bonhomme.

1 BOUTINAUD J., Image du corps – Figures psychopathologiques et ouvertures cliniques, 2016, p. 29

2 VINAY A., Le dessin dans l’examen psychologique de l’enfant et de l’adolescent, 2014, p. 36

 

Virginie LE HELLEY (Atelier A11-jeudi 12 à 14h)

Présentation : Psychomotricienne D.E., Graphomotricienne, Praticienne FELDENKRAIS. Cabinet libéral, Cagnes-sur-Mer.

Comment renouer avec son vécu d’enfant à travers le mouvement ?

Mots clés : mouvement, ressentis, tonus, espace, temps, image corporelle

Le corps est le premier outil que nous explorons, utilisons, découvrons, sentons, imaginons…et ce, dès notre plus jeune âge. Empreint de mouvements, de ressentis, d’émotions, d’images…, le corps, ou plutôt le soma (body en anglais), prend forme.

Mais quelle(s) forme(s) ? quelle(s) représentation(s) de soi construit-on au fil de nos expériences motrices ?

Par ailleurs, le mouvement, la conscience du corps vivant et sensible, l’apprentissage et l’environnement sont les quatre grands axes sur lesquels repose la Méthode FELDENKRAIS™. Utilisant le mouvement corporel pour améliorer la qualité et l’efficacité du fonctionnement de la personne sans effort, cette approche propose de devenir plus conscients de nos habitudes de mouvement et d’élargir nos répertoires d’action. L’attention est alors dirigée vers l’observation, la perception sensorielle, kinesthésique, proprioceptive et vers la participation de l’ensemble de la personne dans le mouvement.

Considérant le mouvement comme révélateur de la personne dans sa globalité, la psychomotricité et la Méthode FELDENKRAIS™ s’appuient sur notre capacité à créer des connexions neuronales par le jeu de la plasticité cérébrale.

Ainsi, je vous propose de découvrir cette médiation à travers une séance collective guidée par la voix, séance pendant laquelle des mouvements inhabituels, oubliés, mis de côté…peuvent réveiller, éveiller, améliorer, enrichir, interroger l’Image Corporelle que chacun a de soi dans cet espace-temps particulier que représentent les Journées Annuelles de Psychomotricité.

 

Fabienne LEPLAT (Atelier A21-vendredi 13 à 15h)

Psychomotricienne, Formatrice

ENTRE CORPS ÉPROUVE ET CORPS REPRÉSENTE : LE CORPS PSYCHOMOTEUR

Une proposition pour soutenir la praxis psychomotrice

Pour tenter de répondre à  une question qui  peut se poser au psychomotricien:

Comment faciliter le maillage dans des mouvements d’échanges et de soutiens, entre le corps éprouvé et le corps représenté, l’expérience sensible partagée et la connaissance, la connaissance initme,première et la connaissance  objective , secondaire ?

Comment inscrire ce lien dans une dynamique maturative, prenant en compte ses aléas et leurs effets, à une place capable de « fournir leur armature à toute une série de pensées et d’expériences » (Merleau Ponty) présentes et à venir ?

La notion de corps psychomoteur peut être une proposition facilitatrice  pour se dégager des failles de la répétition ou de l’aggrippement à un registre plus qu’à un autre, pour éviter de se perdre dans un agrégat de détails ou d’intellectualisation globalisante et de s’éloigner ainsi de la capacité thérapeutique qui tente de saisir l’ensemble d’une présence, dans ses différentes qualités, entre le multiple, l’éclaté,  l’inquitétante étrangeté ….et toute expression  «  de l’être mouvant que nous sommes » ( L.Leiris).

Le corps psychomoteur s’ancre dans le corps réel, organique ; corps comme espace de contact, dans un état dynamique ouvrant à la connaissance, soutenant le sentiment d’existence et sa continuité, au travers de ses différentes fonctions contextualisées (toniques, posturales et motrices) liées par l’émotion partagée.

Des vignettes cliniques permettront de décliner différentes modalités de cette proposition qui est partie prenante d’une praxis psychomotrice choisie.

Mots clefs : corps psychomoteur ; processus thérapeutique,

 

Benoit LESAGE (Plénière-samedi 14 à 10h40)

Docteur en Sciences Humaines, médecin, formateur en Danse-Thérapie, charger de cours dans diverses IFP. Auteur de « La danse dans le processus thérapeutique » (Eres 2006) et de « Jalons pour une pratique psychocorporelle » (Eres 2012).

La représentation : du corps, quelque part, à un moment donné…

Une spécificité du modèle du corps en psychomotricité est qu’il ne peut s’agit que d’un corps au milieu des autres corps, en constante interaction. Dès lors, les concepts de représentation, d’image du corps, de schéma corporel doivent intégrer cette dimension relationnelle fondatrice. Je laisserai de côté ici, mais en l’évoquant pour bien situer mon propos, la représentation qu’on donne de son corps, qui nous entraînerait du côté de la présentation et de l’expressivité.

Je me centre donc sur la représentation que l’on construit de son corps, ce qui nous conduit à envisager comment nous construisons aussi l’espace et le temps. C’est donc de spatialité, de temporalité qu’il sera ici question, comment notre corporéité est aussi gestion et représentation spatio-temporelle, comment notre construction spatio-temporelle est aussi un processus corporel.

 

Chantal LHEUREUX DAVIDSE (Plénière- vendredi 13 à 16h55)

Maître de Conférences HDR (Habilitée à Diriger des Recherches) et responsable du DU Autisme à l’Université Paris Diderot Paris 7 à l’UFR Etudes psychanalytiques, laboratoire CRPMS. Psychologue clinicienne en IME depuis 22 ans et Psychanalyste. Responsable du séminaire « Emergences du langage » à la CIPPA. Nombreuses publications sur l’autisme

« Des réflexes corporels de désorganisation et d’auto-maintien au plaisir exploratoire, la dimension thérapeutique de l’intersubjectivité. »

Mots-clés: Réflexes toniques / Intersubjectivité / Partage émotionnel / Mise en sens / Variations / Plaisir d’explorer / Espace / Image du corps / Flexibilité / Complexité

Le travail thérapeutique avec un enfant autiste part de l’observation et de la prise en compte de ses intérêts, de ses particularités et aussi des réflexes toniques qui traduisent une désorganisation, un auto-maintien ou une régulation qu’il a mis en place hors relation. C’est une base nécessaire à partager par un étonnement, une mise en sens, une imitation, une narrativité, dans une intersubjectivité, en considérant l’enfant comme interlocuteur avant même qu’il puisse s’exprimer dans un langage verbal. Le partage émotionnel et la mise en représentation de ses vécus internes l’ouvrent plus facilement à l’exploration de variations, de nouveauté, dans une co-créativité. Quand le sentiment d’exister dans son corps devient plus stable, cela facilite l’exploration de l’environnement, qu’il soit spatial ou humain. L’accompagnement consiste à rendre plus flexible les explorations de l’espace et des autres sans oublier l’espace corporel de l’enfant, à partir du moindre intérêt spontané de celui-ci. Les intérêts ponctuels ou en détails se remettent en réseau de façon plus complexe, au rythme de l’enfant, dans une co-créativité et une flexibilité d’un détail à un autre et à une vue d’ensemble. Ainsi la dimension thérapeutique de l’intersubjectivité fait diminuer les réflexes toniques de désorganisation et d’auto-maintien au profit d’un plaisir exploratoire spontané et partagé.

 

Marie Françoise LIVOIR-PETERSEN (Symposium S3-« Psychomotricité et TSA »-jeudi 12 à 14h)

Médecin pédopsychiatre-EPSMR / CHU Réunion

Corps et TSA dans l’Approche Sensorimotrice du Développement d’A. Bullinger : que se passe-t-il dans la 2eme année de vie ?

Bullinger souligne l’importance de la régulation tonique dans le développement. Il fait de l’installation des représentations un des piliers de cette régulation, affranchissant partiellement l’organisme de sa dépendance aux flux sensoriels et aux interactions sociales.

Dans ce cadre théorique, il considère que la progression des moyens de communication est lié à la représentation de l’organisme. Lorsque celle-ci ne peut se stabiliser, des agrippements permettent à l’enfant ou l’adulte de conserver malgré tout une cohérence fonctionnelle.

Nous faisons l’hypothèse que l’acquisition de la marche peut orienter durablement certains enfants sur cette voie adaptative. Le recours à des agrippements sensoriels, cognitifs ou sociaux devient pour eux le moyen de conserver a minima leur équilibre sensori-tonique, menacé par les aléas d’une toute nouvelle autonomie motrice.

Quand peut-on s’attendre à un infléchissement de leur développement vers un TSA ? Comment le prévenir ?

Mots clefs : sensori-moteur, représentation, dialogue tonique, autisme, corps, régulation du tonus

 

Dominique LOPEZ, Frédérique BLONDEL et Ophélie WATTIEZ (Atelier A18-vendredi 13 à 15h)

Dominique LOPEZ: Psychomotricienne (secrétaire de l’Ass.Psychomo.Région Nord, APRN)

Frédérique BLONDEL: Ergothérapeute

Ophélie WATTIEZ: Psychologue

REPRÉSENTATIONS CORPORELLES  CHEZ L’ENFANT INSTABLE

Comment ces enfants qui testent les limites se représentent-ils les limites de leur corps ?

A partir de l’expérience d’un groupe constitué d’enfants présentant une instabilité psychomotrice, le regard croisé, sur une année, des professionnelles  (psychomotricienne, ergothérapeute, psychologue) de ce groupe a fait émerger un travail de réflexion autour d’un tonus émotionnel  exacerbé et la construction du schéma corporel.

Plusieurs questions nous ont accompagnées pendant ces séances :

  • Comment sans appuis stables et en perpétuel mouvement, vivre son corps ? Et se le représenter ?
  • Comment se construire psychiquement ?
  • Comment se gère la relation à l’autre ? L’autre, enfant présentant les mêmes symptômes ; l’autre, adulte garant du cadre, des limites.
  • Le rôle de la contenance du groupe dans ce dialogue tonicoémotionnel et dans la représentation du corps chez ces enfants ?

Au travers de ce questionnement et de bien d’autres réflexions, nous présenterons une vignette clinique agrémentée de vidéo(s) tout en prenant appui, nous aussi, sur les écrits de Golse, Anzieu, Bullinger, Pireyre,…

 

Anne LUIGI-DUGGAN (Atelier A13-vendredi 13 à 15h)

Psychologue clinicienne en milieu aquatique. Auteur du livre « Les médiations aquatiques. Animer, Accompagner & soigner » 2015.

Entre illusion féconde et limites, corps aimé et corps détesté place de la médiation aquatique dans le travail sur l’image du corps des personnes handicapées

Cette intervention ou cet atelier a pour objectif de montrer comment l’accueil des éprouvés ambivalents suscités par les effets de l’eau sur le corps (illusions et contraintes) déclenche par la médiation du professionnel, un possible remaniement de l’image du corps et un travail d’identité quel que soient le handicap ou l’âge des personnes accueillies.

 Mots clés : espace transitionnel, ambivalence, illusion féconde, contraintes et limites, espace entre ouverture et défenses, passage et maillage.

C’est en parlant de l’eau comme matière que Gaston BACHELARD écrit :

« C’est qu’aux matières originelles où s’instruit l’imagination matérielle sont attachées des ambivalences profondes et durables. Et cette propriété psychologique est si constante qu’on peut en énoncer comme une loi primordiale de l’imagination, la réciproque : une matière que l’imagination ne peut faire vivre doublement ne peut jouer le rôle psychologique de matière originelle.

Une matière qui n’est pas l’occasion d’une ambivalence psychologique ne peut trouver son double poétique qui permet des transpositions sans fin. Il faut donc qu’il y ait double participation – participation du désir et de la crainte, participation tranquille du blanc et du noir – pour que l’élément matériel attache l’âme entière ».

Une personne entrant dans l’eau, perds ses repères de terrien.

L’eau la désorganise en profondeur sur les plans organique, physique, psychomoteur, physiologique, émotionnel, pulsionnel et relationnel et fantasmatique.

Par ses propriétés spécifiques, l’eau semble alléger le handicap en contrant la pesanteur, en procurant une enveloppe manquante, mais dans le même temps l’accentuer par la déstabilisation de l’équilibre, la résistance, les contraintes qui révèlent les limites de chacun.

L’eau procure à la personne à travers une illusion féconde de milieu facilitateur d’éprouvés corporels riches une perception différente à son handicap.

Elle convoque une déliaison des éprouvés corporels vers une reliaison représentative par le travail de médiation psychomotrice.

Ainsi une passe peut s’ouvrir par le jeu qui se crée entre ouverture et défense, déconstruction/reconstruction. En raison du fort aspect d’espace transitionnel de l’eau, la rencontre entre le médiat (eau) —le médié (personne accueillie)-le médiateur (psychomotricien) participe au passage d’un contenant sensoriel puissant, mais déstabilisateur

vers une contenance psychique plus souple et ouverte, important l’image du corps.

L’espace aquatique, par la médiation, devient l’ob-scène : scène de l’intime non construit, non reconnu ou non intégré ( non su) vers la scène du jeu relationnel affecté pour un maillage corps/psyché.

L’eau attache « l’âme entière »

 

Béatrice MASSOUTRE (Symposium S5-« Corps et art »-vendredi 13 à 14h)

Psychomotricienne Psychologue Clinicienne. Responsable pédagogique ARISSE. Consultante ASM13. Enseignante psychologie psychomotricité Pitié Salpetrière

De la mise en scène du corps groupal à l’organisation d’un scénario propre à chacun.

 FAIRE CORPS ENSEMBLE De l’art d’être seul en présence du « groupe »

Ils sont 5 enfants âgées de 8 -10 ans et sont venus au centre médico -psychologiques pour des raisons différentes, avec des histoires tout aussi différentes

Nous sommes une femme et un homme psychodramatistes

Nous avons décidé de faire groupe ensemble. Ensemble, nous allons tenter de constituer une enveloppe groupale.

Et ceci, dans illusion de permettre à ces enfants effractés plus ou moins par les pulsions de se rencontrer chacun pour soi même, et  de conquérir un moi qui pense

Offrir le groupe comme surface, pour que se projettent les scenaris peu intériorisés, reconnaître un moi qui éprouve, accepter le passif du corps

Nous constaterons que :

L’enfant ne délègue pas si facilement, une partie de lui-même, au groupe.  Son immaturité psycho corporel ne lui permet pas de se lancer à corps perdu dans l’installation d’une enveloppe contenante, rassurante et subjectivante.

Le groupe l’attire, l’étouffe, l’excite ; Notre position soignante garante   du pare-excitation devra faire preuve non seulement de malléabilité mais aussi de créativité, en n’oubliant pas la fermeté nécessaire au maintien de l’asymétrie

Je vous propose ainsi de découvrir que le groupe est une enveloppe qui fait tenir ensemble des individus en leurs offrant tel que le pensait Didier Anzieu la possibilité de rassembler les expériences précoces et de différencier le moi corporel du moi psychique

Bibliographie:

Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe 2006 En quoi consiste le travail en situation de groupe

Anzieu 1956 Le psychodrame analytique chez l’enfant et l’adolescent paris PUF

Anzieu 1985 Le moi peau Paris Dunod 2ème édition

La dynamique des groupes restreints PUF

Bion Recherche sur les petits groupes Puf 2002

 

Bernard MEURIN (Atelier A20-vendredi 13 à 14h)

Psychomotricien – Enseignant. Service de pédopsychiatrie – CHRU de Lille. Membre de l’Equipe Pédagogique au BSM A.Bullinger ®. Membre de l’Espace Ethique du CHU de Lille. Doctorant en Philosophie Université Paris I – Panthéon Sorbonne

De l’organisme au corps : un processus dynamique et covariant

Dans son article de 1962[1], Ajuriaguerra pointe le fait que la langue française permet de faire une distinction entre la viande que l’on mange et la chair que l’on est. Pour autant, cette distinction reste floue lorsque nous utilisons le mot corps qui est polysémique puisqu’il peut tout aussi bien désigner le cadavre que la réalité vivante.

Plus récemment, dans son article de 2000[2], Bullinger reprend cette idée en la précisant puisqu’il propose d’utiliser le mot organisme pour évoquer la réalité anatomique que nous sommes et le mot corps pour désigner les élaborations représentatives qui se construisent au fur et à mesure que se réalisent les actions orientées vers le milieu physique et humain.

En appui sur cette distinction bullingérienne, nous développerons l’idée que la notion de représentation corporelle ne peut pas se comprendre uniquement sous l’angle d’un contenu de conscience mais d’abord comme mise en lien par la conscience, d’expériences vécues. Dans notre propos, le mot représentation ne sera pas conçu comme une image mentale située dans la conscience (ou l’inconscient) mais comme un processus dynamique constamment en relation avec la puissance d’agir permise par les propriétés de l’organisme.

Ainsi nous pourrons renouer avec l’un des courants fondateurs de la clinique psychomotrice, à savoir la phénoménologie et particulièrement celle de Maurice Merleau-Ponty pour qui vivre est d’abord une opération primordiale dans laquelle la vie charnelle et la vie psychique sont dans un rapport permanent d’expression réciproque et dans laquelle l’événement corporel a toujours une signification psychique

 

Danielle MICHAUX (Atelier A12-vendredi 13 à 14h)

Licenciée en psychologie clinique. Neurolinguiste. Thérapeute en pratique psychomotrice Aucouturier. Exerce dans un service de santé mentale. Formatrice à l’EBPPA – Membre de l’UPBPF

A L’OREE DU PSYCHISME, LES FANTASMES D’ACTION

Que sont-ils ? Quelle est leur fonction en psychomotricité ?

Comment les repérer au sein des jeux de réassurance profonde ?

Cet atelier vous invite à  une rencontre en trois temps autour d’un concept-clé de la Pratique Psychomotrice Aucouturier, celui de fantasme d’action :On pourrait définir un fantasme d’action comme une toute première représentation interne, le produit d’une modalité primaire de symbolisation, de nature transitionnelle entre le corps vécu et la psyché naissante. Inscription des toutes premières interactions mère-bébé, il contient une entité Sujet/Objet non encore différenciés, un éprouvé sensoriel et moteur d’action et une qualité émotionnelle de plaisir. En tant que souvenir de plaisir, il assure au bébé un socle identitaire de sécurité.En séance, dans les jeux de réassurance profonde, l’enfant va pouvoir progressivement vivre et engrammer des souvenirs de plaisir qui, au fil de l’expérience renouvelée, vont se stabiliser psychiquement sous la  forme d’un fantasme d’action.  Ces jeux sont la manifestation de la relance d’un processus de symbolisation primaire. Ils ont valeur de transformation thérapeutique. Le psychomotricien  y aura accès essentiellement au travers de sa propre résonance tonicoémotionnelle à l’enfant, guidé en cela  par une ouverture à l’infantile en lui.     Une illustration de la manifestation d’un fantasme d’action sera proposée à partir d’un document vidéo : « Un enfant agit en relation à un tissu et à un trou ». Un autre espace-temps s’offre progressivement à nous, celui d’un éprouvé sensoriel de contact et de mouvement, d’un moi/autre non différencié contenu, d’une intensité de présence à soi, d’une émotion de réassurance profonde. Une qualité particulière d’être-au-monde se dégage de l’ici et maintenant de la séance. L’enfant en sortira transformé.

Nous partagerons nos observations, nos résonances, nos questions, nos hypothèses…, et discuterons de l’intérêt possible de ce concept dans nos diverses pratiques.

Mots-clés : Fantasme d’action – Symbolisation primaire et secondaire – Premières représentations internes du vécu – Jeux de réassurance profonde – Résonnance tonicoémotionnelle du thérapeute

Bibliographie  : – Aucouturier, B. (2005) La méthode Aucouturier, Fantasmes d’action et pratique psychomotrice –  de boeck, Carrefour des psychothérapies                                                                             –  Brun, A. & Roussillon, R. (2014) Formes primaires de symbolisation – Dunod, Inconscient et Culture –  Ciccone, A. (2012) La part bébé du soi – Dunod, Inconscient et Culture                                                    –  – Ouss, L., Golse, B., Georgieff, N., Widlöcher, D., (2009) Vers une neuropsychanalyse ? Odile Jacob.

 

Bastien MORIN (Symposium S4-« Psychomotricité et parcours de vie »-jeudi 12 à 14h)

Psychomotricien en SSR gériatrique aux Hcl, enseignant IFP Lyon et Mulhouse, praticien en hypnose Ericksonienne.

« Réduire comme peau de chagrin, rôle de l’interaction avec l’objet dans le travail de réappropriation du corps propre en gériatrie… »

 Travaillant en SSR gériatrique, je rencontre fréquemment des personnes chez qui le syndrome de désadaptation psychomotrice et les troubles du schéma corporel associés entraînent des dysesthésies et plaintes très imagées. Comment entendre les plaintes autour de « jambes de bois », « jambes mortes », pieds qui n’apportent plus de reconnaissance (« ce pied n’est pas le mien »). Je fais alors l’hypothèse que le traumatisme résultant de la collision entre le fait (chute, fracture, diagnostic, accident d’un proche) et les questions existentielles qui sont soulevées entraînent une inquiétante étrangeté et des troubles des images du corps aussi bien érogène (absence de reconnaissance des sensations, anesthésies ou dysesthésie comme lourdeur, froid) que fonctionnelle (apraxie et perte de la notion de plaisir associée à l’utilisation de cette partie du corps) et parfois même de base (absence totale de perceptions). Les parties du corps morcelées peuvent alors être réifiées (« mes jambes ne marchent plus », « il faut leur demander »…) parfois rendues inertes (hypertonie, membre figé comme tentative de conserver du même, du solide) parfois agitées dans une série d’exercices en continue comme une tentative désespérée de les réanimer.

Cette réification serait alors comparable à la période animiste décrite par Piaget. Mais ici, l’objet devenu inerte, désinvestit, perçu parfois comme mort, entraînerait une apraxie (absence de schéma moteur du repoussé, personnes qui ne se lèvent plus). Tout un jeu peut alors se mettre en place entre morcèlement du soignant (« vous me laisserez vos mains »), projection animiste (balle à picots appelée hérisson) ou magique du magnétiseur dans lequel le psychomotricien pourra entrer pour aller rencontrer le sujet où il en est, jouer avec ses représentations et l’aider à se réapproprier son corps.

J’articulerai éléments théoriques et vignettes cliniques pour illustrer mon propos.

Bibliographie :

L’image inconsciente du corps DOLTO

Clinique de l’image du corps PIREYRE

Pour une théorie narcissique du vieillissement BALIER

La représentation du monde chez l’enfant PIAGET

Le développement sensori-moteur et ses avatars BULLINGER

Le sens du mouvement BERTHOZ

 

Olivier MOYANO (Plénière-jeudi 12 à 17h30)

Psychomotricien – Psychologue – Docteur en psychopathologie et psychologie cliniques

Figures pathologiques de l’image du corps chez l’enfant et l’adolescent

Comme l’ont démontré nos collègues Philippe Claudon et Laurent Branchard, l’image du corps n’est peut-être pas tant un concept qu’un continuum. A la fois métaphore de la représentation libidinale (donc inconsciente) du corps propre, mais aussi lieu des échanges soi/non-soi, l’image du corps est variable, fluctuante, fragile. Toujours est-il que le concept central dans l’appréhension de l’image du corps est celui de narcissisme.

Construites et reconstruites en permanence tout au long de la vie, certaines Images du corps « cliniques » adoptent des formes et des statuts singuliers.

Nous allons décrire ces aléas rencontrés en clinique infantile, à type de double, dédoublement, isthme narcissique, ombilic psychosomatique, compagnon imaginaire, hallucination….

 

Aglaé NIAY (Atelier A8-jeudi 12 à 14h)

Psychomotricienne, intervenant en service intra hospitalier de psychiatrie adulte (92)

 La sociologie et les études sur le genre : de nouvelles ouvertures pour penser le corps dans sa dimension genrée et le lien entre représentations collectives et individuelles du corps.

 Dès sa naissance la psychomotricité s’est fondée au croisement de différents champs disciplinaires, notamment issus des sciences sociales et humaines. Il en est cependant une peu citée : la sociologie. Elle travaille, entre autres, à mettre en avant au sein d’une société les discours sur le corps et ses représentations. Des auteurs tels que Bourdieu et Foucault ont décrit la dimension éminemment sociale du rapport au corps, intriqué dans une historicité et un discours (Foucault), des représentations et une mythologie (Bourdieu) à une échelle groupale. Oui, le corps est corps de relations interpersonnelles, il est aussi un produit social, inscrit dans une société qui émet un discours, des normes et des attentes particulières sur le corps collectif et les corps individuels.

Pour réfléchir plus avant ces questions, nous étudierons une proposition d’articulation de ce thème via le prisme des études sur le genre. Mais qu’est ce donc ? : un vaste champ d’études universitaires (psychologie, sociologie, philosophie, histoire, …), qui prend pour objet de recherche la dimension culturellement construite des identités masculines et féminines, et vient ainsi différencier le sexe biologique du sexe « social », appelé alors genre. Il met en avant comment l’identification au genre masculin ou féminin appelle un certain nombre de codes implicites socialement et culturellement établis qui vont venir s’imprimer corporellement et définir une manière d’habiter l’espace social et l’espace corporel propre de manière différente selon notre sexe.

En tant que psychomotricien-ne-s, ces recherches nous ouvrent de nouveaux espaces dans la prise en compte du corps, non plus dans sa seule dimension sexuée, mais en tant que corps genré ancré dans un espace social, et mettent en lumière comment peuvent s’agencer culture et rapport individuel au corps.

Mots-clé : psychomotricité, sociologie, sexe, genre, représentations du corps

Bibliographie :

Ouvrages

Bereni L., Chauvin S., Jaunait A., Revillard A., Introduction aux gender studies. Manuel des études sur le genre, De Boeck, Ouvertures politiques, 2010

Bourdieu P., La domination masculine, Seuil, 2002

Butler J., Trouble dans le genre, La Découverte, 2006

Foucault M., Histoire de la sexualité, tome 3 : Le souci de soi Poche, 1994

Le corps utopique, Lignes, 2009 (conférence de 1966)

Neyrand G. et Mekboul S., Le corps sexué de l’enfant et normes sociales. La normativité corporelle en société néolibérale, Erès, 2014

Revues et Articles

Critique, Revue générale des publications françaises et étrangères, Body building. L’évolution des corps, Tome LXVII-n°764-765, Janvier-Février 2011

Darmon, Muriel., « Variations corporelles. L’anorexie au prisme des sociologies du corps », Adolescence, vol. no 56, no. 2, 2006, pp. 437-452.

 

Roland OBEJI (Plénière-samedi 14 à 14h)

Psychomotricien en CMPP Saint Etienne et Firminy, formateur, chargé de cours à l’IFP de Lyon. 

Faire corps avec ses gestes

Quelle image du corps pour les enfants en manque d’adresse ?

Au commencement était le geste… réflexe, hasardeux, chaotique mais déjà en attente de rencontre.

De la main qui agrippe aux pieds qui repoussent, tout mouvement du nouveau-né est comme autant de signaux en attente d’être partagés.

C’est dans ce mouvement permanent entre ce qui est fait et ce qui est saisi par l’autre que l’enfant va affiner ses gestes pour développer une adresse et une image du corps.

Rappelons que l’image du corps de l’enfant se construit non-seulement à travers le regard de l’autre, mais aussi à travers sa gestualité. Cette gestualité qui peut « faire ou défaire le corps » du sujet ; soit en assurant l’expression du désir d’agir et la capacité de saisi du monde, soit au contraire en le maintenant dans une inquiétante étrangeté.

Nous le savons, le geste ne peut être pensé que dans sa dimension motrice et fonctionnelle, il s’inscrit inévitablement dans une dimension messagère, relationnelle et subjectivante.

Mais alors qu’en est-il lorsque le geste manque d’adresse ?

Qu’en est-il et comment comprendre ces gestes qui n’atteignent jamais la cible ?

Ces gestes qui malgré un désir de construire, détruisent.

Ces gestes qui alimentent la discordance et les malentendus.

Nous proposons à partir de la clinique d’enfant en manque d’adresse, de réfléchir sur leur manière de faire ou de se défaire de leurs gestes pour habiter leur corps et appréhender leur environnement.

Mots clés : Dyspraxie, Trouble de l’acquisition des coordinations, image du corps, schéma corporel, Narcissisme

 

Charlotte PAUMEL (Symposium S6-« Corps et représentation »-vendredi 13 à 14h

Psychomotricienne DE exerçant, et à la clinique psychiatrique pour adolescents et jeunes adultes Dupré (Fondation santé des étudiants de France) depuis 14 ans, et en CMP enfants adolescents à la fondation Elan retrouvé. Diplômée en psychologie, Master International en Psychomotricité, option recherche. Formatrice et mène des recherches depuis quelques années sur l’évaluation psychomotrice des représentations du corps en psychopathologie, chez le grand enfant, l’adolescent et le jeune adulte ; en vu de proposer un protocole d »évaluation spécifique et d’établir des profils différentiels de l’image du corps en fonction des pathologies.

Évaluation psychomotrice des représentations du corps et profils différentiels de l’image du corps en psychopathologie de l’adolescent et du jeune adulte : Présentation d’une recherche clinique comparative et de réflexions théorico-cliniques. »

Mots-clés : Evaluations, représentations du corps, adolescence, troubles de l’image du corps, recherche

Le travail en psychomotricité auprès d’adolescents pousse à rechercher de nouveaux outils d’évaluation des troubles des représentations du corps. La recherche clinique en psychomotricité permet d’en poser les jalons et de tenter par là-même une meilleure appréhension de ces troubles. De notre côté l’exercice clinique auprès de lycéens et étudiants souffrant de troubles psychiatriques contemporains de l’adolescence, nous ont poussé sur le terrain à nous questionner sur le bilan en psychomotricité alors que peu d’outils existaient pour ce public.  Pour ces jeunes patients qui ne présentaient pour un certain nombre pas de troubles psychomoteurs et avaient de bonnes voire très bonnes capacités cognitives il s’agissait de trouver des moyens pour évaluer plus précisément les troubles des représentations du corps. Ainsi nous avons mis en place au fil des ans divers outils de manière empirique. L’engagement dans un travail de recherche  nous a permis de formaliser nos questionnements. Une phase de la recherche exploratoire qui a été menée a permis de comparer un groupe de jeunes filles tout-venants avec un groupe de jeunes filles présentant des troubles psychopathologiques. Nous nous proposons de présenter cette phase de recherche ainsi que certains résultats, avant de pouvoir réfléchir tant aux outils qu’aux des troubles des représentations du corps qui émergent dans cette population. Cela nous permettra en particulier de discuter des particularités de l’image du corps chez l’adolescent et de la frontière normale / pathologique. Nous élargirons aux profils différentiels repérables en fonction des psychopathologies et de notre rôle au travers de l’approche psychomotrice des troubles des représentations du corps à cet âge de la vie.

Troubles de l’image du corps :

Boutinaud, J. (2007). Les troubles de l’image du corps chez les enfants. Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence 55 , pp. 102-107.

Garelli, M., Lepage, A., & Mistrelli, E. (1973-1974). L’enfant IMC et son corps. Contribution à l’étude du corps représenté et du corps vécu. Bulletin de psychologie, 27, pp. 362-384.

Hrabosky, J., Cash, T., Veale, D., Neziroglu, F., Soll, E., Garner, D., et al. (2009). Multidimensional body image comparisons among patients with eating disorders. Body image, pp. 155-163.

Lemaire, C. (1998). Les membres fantômes. Le Plessis-Robinson: Insitut Synthélabo pour le Progrès de la Connaissance.

Levine, M. P., & Piran, N. (2004). The role of body image in the prevention of eating disorders. Body Image, 1, 57-70.

Pankow, G. (2009). L’homme et sa psychose. Paris: Flammarion.

Raich, R. (2007). L’image du corps dans les troubles du comportement alimentaire : développement d’une image corporelle négative chez l’enfant et l’adolescent. Dans H. Chabrol (dir), Les troubles des conduites alimentaires chez l’enfant et l’adolescent (pp. 113-140). Marseille: Solal.

Scialom, P. (2005). L’adolescent et son corps : conflit ou mutation? Evolutions psychomotrices n°70, pp. 201-208.

Evaluation de l’image du corps et du schéma corporel:

Abraham, A. (1985). Le dessin d’une personne : le test de Machover. Issy-les-Moulineaux: EAP.

Anzieu, D., & Chabert, C. (2004). Les méthodes projectives. Paris: PUF.

Goodenough, F. (1957). L’intelligence d’après le dessin : le test du bonhomme. Paris: Presses Universitaires de France.

Machover, K. (1949). Personality projection in the drawing of the human figure: A method of personality investigation. American lectures in psychology, 25, pp. 3-32.

Meljac, C. (2008, Juin). Clinique et évaluation : deux approches complémentaires. Psycho média, pp. 42-45.

Meljac, C., Fauconnier, E., & Scalabrini, J. (2010). Epreuve de schéma corporel révisée. Paris: Editions du Centre de Psychologie Appliquée.

Mesmin, C. (2004). Les épreuves de dessin sur consigne appliqués aux enfants de 6 à 12 ans. Dans B. Jumel, Guide pour un usage critique des tests chez l’enfant (pp. 184-201). ?: Aubin.

Moyano, O. (2011). Un test d’image du corps. Récupéré sur http://www.airelibreasbl.be.

Rey, A. (1959). Manuel du Test de copie et de reproduction de mémoire de figures géométriques complexes. Paris: Editions du Centre de Psychologie Appliquée.

Royer, J. (1977). La personnalité de l’enfant à travers le dessin du bonhomme. Bruxelles: Editest.

Sanglade, A. (1983). Image du corps et image de soi au Rorchach. Psychologie française, 28(2), pp. 104-111.

Treillet, L., Rouyere, N., & Mechler, I. (2008). Présentation d’outils d’exploration des profils psychomoteurs en psychiatrie adulte. Entretiens de psychomitricité 2008 (pp. 3-18). Paris: Expansion Formation et Editions.

Wallon, P., & Mesmin, C. (2009). Figures complexes de Rey A et B : Guide d’utilisation et d’interprétation. Paris: ECPA.

Bibliographie personnelle :

  • « Le bilan psychomoteur à l’adolescence, épreuve ou médiation ?» ; Thérapie psychomotrice et recherches (170), 2012.
  • « Evaluation de l’image du corps et contribution au diagnostic psychiatrique en psychopathologie de l’adolescent et du jeune adulte, actes des entretiens de Bichat 2013
  • Evaluation psychomotrice des représentations du corps en psychopathologie de l’adolescent et du jeune adulte, mémoire présenté en vue du master international en psychomotricité, ISRP, Université de Murcia, autorisé à publication, 2014.
  • « Les maux pour le dire : un parcours de thérapie psychomotrice auprès d’une jeune adulte limite», Thérapie psychomotrice et recherches (182), 2014
  • « Fragilités narcissiques, dépressivité, états limites : évaluation, prévention et traitement en psychomotricité à partir de l’image du corps, de l’enfance au début de l’âge adulte », en cours de publication, Evolutions psychomotrices, (103), 2014.
  • « Evaluation psychomotrice des représentations corporelles 1/2»,  soumis à publication, thérapie psychomotrice et recherches,  (183), 2014

 

Emmanuelle PEPIN et Pierre VION (Atelier A16-vendredi 13 à 14h)

Pierre VION : sophrologue caycédien, directeur adjoint et formateur de l’école de sophrologie caycédienne Sofronicia de Nice-Sophia Antipolis.

Emmanuelle PEPIN : artiste chorégraphe- performeuse et pédagogue.

Pierre Vion et Emmanuelle Pépin proposent un atelier « l’art du corps en mouvement » de la démarche qu’ils ont créés : Art So ! qui est née de la rencontre de deux approches : celle d’Emmanuelle Pépin, en tant que praticienne du mouvement dansé et de l’art de la performance, et Pierre Vion en tant que sophrologue Caycédien. Ces deux démarches ont une sensibilité commune : elles amènent un dévoilement et ont la caractéristique de mettre la personne au cœur d’un processus pédagogique et artistique. Une place importante est accordée à la présence du corps. Un travail qui tisse le lien entre une pratique méditative offrant un espace d’écoute sensible et une mise en mouvement offrant un éveil perceptif et une mise en jeu de notre créativité.

L’art du mouvement contemplatif. Art So !

Mots clés :Actualisation de sa propre image corporelle. Aspect constitutif du moi corporel et sa dualité phénoménologique : corps objet-corps sujet. Schéma corporel-schéma existentiel. Rencontre corps-esprit. Rencontre avec un environnement.

Art So! est né de la rencontre de deux approches : celle d’Emmanuelle Pépin en tant que Performeuse et chorégraphe et de Pierre Vion comme Sophrologue Caycédien. Ces deux démarches ont une sensibilité commune ; elles amènent à un dévoilement et ont la caractéristique de mettre la personne au coeur d’un processus pédagogique ou artistique

Dans la démarche, une place importante est accordée au corps. Le travail passe notamment par la mise en mouvement dans l’espace. L’existence de l’être humain s’accomplit à travers le corps dans un corps unique et toujours sien. Le corps est le lieu à partir duquel le sujet pense et crée. La compréhension du corps serait à la base de toutes les compréhensions. Le corps est une ouverture du chemin vers un dire infini. Le corps est abordé comme unité originaire.

À partir de cette présence au corps ressenti et éprouvé, nous pouvons prendre conscience de nous-mêmes et de toutes nos qualités. Dans cette rencontre corps-esprit que nous pouvons à chaque instant renouveler, peut jaillir une nouvelle possibilité pour nous de nous exprimer. C’est ainsi que nous pouvons mettre en jeu notre capacité à créer. Cet acte de créer nous permet de pouvoir nous envisager dans le monde avec tous nos possibles en lien avec cette source corporelle inépuisable comme lieu de notre conscience. Par une présence consciente à soi et au monde nous sommes peu à peu guidés vers des chemins plus libres.

 

Monique PERRIER GENAS ((Symposium S7-« Corps et sensorialité »-vendredi à 14h)

Psychomotricienne au Centre d’Action Médico-Sociale Précoce et au Pôle bébés vulnérables à Vienne (38). Détachée à mi-temps à l’hôpital général en service de néonatologie 2A, pédiatrie, maternité. Chargée d’enseignement à l’Institut de Formation en Psychomotricité de Lyon, Université Claude Bernard, Lyon 1. Son intérêt pour le travail clinique l’a amenée à travailler avec toute l’équipe du CAMSP à la rédaction d’un ouvrage : Une pratique de soins précoces pour les enfants en situation de handicap, paru chez Eres en janvier 2016. Et aussi à co-fonder le Résopci (réseau praticien clinicien en institution) qui invite les professionnels désireux de continuer à travailler dans des institutions transdisciplinaires et vivantes à se fédérer. Ce réseau a pour objectif de faire valoir l’évolution des pratiques cliniques au XXIème siècle mais surtout de mettre en exergue la rigueur et la place de l’inventivité qu’exige la clinique.

Psychomotricité et bébés vulnérables, une histoire de vie.

Le temps de la naissance est bousculé, rien ne se passe comme chacun l’a anticipé, vie et mort se télescopent…

Qui est dans la couveuse ? Comment reconnaître derrière les parois de l’incubateur, un bébé, son bébé dans ce petit être chétif, harnaché de tuyaux et de fils. Des parents en alerte au regard suspendu mais aussi aux gestes, aux mots suspendus !

La prématurité, une histoire de vie qui fait basculer dans l’incertitude voire parfois l’effroi…

La vulnérabilité aussi bien physique que psychique est réelle pour le bébé et ses parents car l’entrée dans la vie de l’enfant a été fracassante. Dans ces temps de naissance où parent et bébé sont sous le sceau de la prématurité (l’un prématuré   dans sa parentalité ; l’autre car né « trop » tôt), la question de la fragilité de l’image du corps se pose d’autant plus que le risque de séquelle évoqué pour l’enfant est souvent pesant.

Dans ces situations-là, les premiers échanges entre parents et enfant, si précieux, qui généralement se font et se disent dans une sensorialité partagée notamment lors des premiers soins, (le holding et le Handling si chers à Winnicott), sont entravés. L’épreuve de la prématurité fragilise le lien parent/enfant ; la rencontre, qu’elle soit sensorielle ou psychique, ne va pas de soi !    Fréquemment, du côté du bébé, les premières formes de l’image du corps et du jeu pulsionnel plaisir-déplaisir ainsi que les premiers sentiments d’enveloppes de soi sont mis à mal. Justement car ceux -ci se fondent sur les sensations tactiles, coenesthésiques, kinesthésiques et sonores vécus avec le parent et ici mises en péril du fait de la prématurité.

Je m’appuierai sur mon expérience clinique en service de néonatologie type 2A et en CAMSP plus particulièrement au Pôle bébés vulnérables pour mettre en évidence comment l’approche psychomotrice aide ces nourrissons (qui dans leurs premiers moments de vie, sont les bébés de la médecine avant d’être les bébés de leurs parents), à trouver ou retrouver une place d’infans dans les bras et la psyché parentales.

Des vignettes cliniques illustreront en quoi la pratique psychomotrice qui s’adresse au corps du bébé, décale parent et enfant. Elle    contribue ainsi à « rafistoler » l’image du corps chez le bébé en ouvrant les représentations dans la tête du parent. Le regard du psychomotricien se pose sur le bébé ce qui n’est pas sans effet pour lui et son parent.

Je soulignerai l’enjeu important du respect de la temporalité du parent pour que le bébé après sa sortie de l’hôpital puisse continuer à s’inscrire et à être inscrit dans une image du corps vivifiante.  Même si pour certains enfants, le passage sur une structure spécialisée compte tenu de leurs difficultés de développement, s’avère nécessaire. Non seulement l’écart mais aussi l’articulation entre schéma corporel et image du corps seront alors discutées.

Je soutiendrai qu’une pratique psychomotrice « originale » (et peut-être parfois qualifiée d’« exotique » dans un contexte médical),  permet au  bébé né prématurément, de déplier ses compétences et  d’être aux prises avec une image du corps moins « troublée ». Ce qui est de bon aloi pour lui à « l’aube de sa vie » mais aussi pour   l’adulte en devenir qu’il est.

Sans jamais oublier que la psychomotricité est d’autant plus efficiente qu’elle s’appuie sur un travail transdisciplinaire (notamment les regards croisés psychomotricienne et pédiatre) et sur le travail intra psychique incontournable qu’a à faire le psychomotricien.

Et je conclurai par quelques mots sur la psychomotricité, une pratique encore trop souvent « prématurée » dans la palette de soins offerte à l’enfant et sa famille en service de néonatologie.

BIBLIOGRAPHIE 

A .BULLINGER       Le développement sensori-moteur de l’enfant et ses avatars. ERES

AMIEL-TISON et J. GOSSELIN  Pathologie neurologique périnatale et ses conséquences : ELSEVIER MASSON.

J.BOUTINAUD, F.JOLY, M.RODRIGUEZ, O.MOYANO (2014) /Où en est la psychomotricité? Etat des lieux et perspectives. Psycho édition in PRESS

BOUTINAUD Image du corps édition in PRESS

CICCONE Le bébé et le temps. Attention, rythme et subjectivation DUNOD

DAVID Prendre soin de l’enfance ERES

DRUON A l’écoute du bébé prématuré AUBIER

GIROMINI et P. SCIALOM Manuel d’enseignement de psychomotricité/ tome 3 édition SOLAL /BROCHE-

MANOUKIAN et M. PERRIER GENAS Une pratique de soins précoces pour les enfants en situation de handicap ERES

MELLIER Vie émotionnelle et souffrance du bébé DUNOD

A . MARTEL et I. MILLETTE   les soins du développement   BROCHE

VASSEUR et P. DELION Périodes sensibles du développement psychomoteur de l’enfant de 0 à 3 ans. ERES

REVUE THERAPIE PSYCHOMOTRICE N° 175

 

Myriam PERRIN (Symposium S1-« Psychomotricité et médiations »-jeudi 12 à 14h)

Psychomotricienne, exercice libéral. Référente Qualité. D.E.S. coordination de structure et de projet. Enseignante de Yoga. Formatrice soignants, médicosocial, petite enfance.

« Le Yoga, médiation psychomotrice pour s’incarner puis se représenter »

Il s’agit ici de présenter l’intérêt de la médiation Yoga pour certains suivis en psychomotricité.

La pratique du Yoga participe pleinement à la constitution d’une enveloppe, d’une intériorité. En cela, elle favorise ou renforce l’émergence d’un contenant psychocorporel, d’une individuation, d’une capacité pour le patient à se représenter son corps en mouvement ou durant le « non-faire ».

Le texte de référence des Yoga Sutras de Patanjali expose la définition d’une posture « ferme et détendue à la fois » permettant la pédagogie d’une régulation tonique, d’un ajustement entre effort musculaire et direction du mouvement.

La pratique des postures déploie une richesse infinie de positions, expériences du corps dans l’espace, des segments corporels placés inhabituellement, en controlatérale, en asymétries. Equilibres, appuis divers sont mis à l’épreuve de la posture ou de l’enchainement.

La respiration, définie comme « la cessation du souffle ordinaire, irrégulier, court », participe à l’instauration d’une stabilité motrice et émotionnelle donc externe et interne.

Le patient expérimente, enrichit, s’approprie son schéma corporel. Les fonctions interhémisphériques sont grandement sollicitées y compris dans des techniques respiratoires alternant les narines.

Le passage par l’écrit ou l’expression orale rendent conscient les ressentis de lieux du corps jusque-là ignorés (exemple d’un sacrum qui danse lors d’une respiration amenée dans le dos).

Enfin, la richesse de la cosmogonie des textes de référence apporte une poésie, des images, supports de conscience. Ces images soutiennent la représentation du corps dans son enveloppe –peau : exemple de la répartition des Souffles dans le corps, le Feu dans la sphère abdominale, zone de l’élimination ou de l’encombrement …etc.

Mots clés : Médiation Yoga, espaces intérieurs, appuis, axe, respiration, concentration.

Bibliographie

Anzieu D. 1995 Le moi-peau Dunod

Berthelet Lorelle Ch. 2016 Les créations du corps et de l’inconscient. Yoga et psychanalyse  Liber

Berthelet Lorelle Ch. 2007 De l’un à l’autre Spiritualité du Yoga et psychanalyse Ed. Liber

Berthelet Lorelle Ch. 2003 La sagesse du désir  Ed. Couleur psy Seuil

Bullinger A. 2007 le développement sensori moteur de l’enfant et ses avatars Eres

Ciccone A.2001 Enveloppe psychique et fonction contenante  conférence Lyon ARAGP

Damasio A. 2003 Spinoza avait raison Ed. Odile Jacob

Desikachar T.K.V.  et Krusche H. 2007 Freud et le Yoga Ed. Agamat

Haag G. 1985,  la mère et le bébé dans les deux moitiés du corps Neuropsychiatrie de l’enfance, 33

Hersnack P. 2001 la chair vivante Ed. Les Cahiers de Présence d’Esprit

Patanjali Yoga- Sutras commentaires de Frans Moors 2001 Ed. Les cahiers de présence d’esprit

 

Éric PIREYRE (Symposium S8-« Corps et archaïque »-vendredi 13 à 15h)

Psychomotricien – Enseignant en psychomotricité – Auteur d’ouvrages.

L’image du corps, l’archaïque et le monde

La théorie de l’image composite du corps prévoit une déclinaison de l’image du corps en neuf sous-composantes : conviction de continuité d’existence, identité, identité sexuée, enveloppe, tonus, intérieur du corps, sensorialité, angoisses corporelles archaïques et capacités communicationnelles du corps sont des concepts qui se prêtent très bien à l’engagement corporel spécifique au psychomotricien. Cette théorie rend compte de la pathologie psychiatrique et du fonctionnement archaïque du bébé. Chez ce dernier, le fonctionnement psychique se fait en miroir de l’immaturité physiologique. On peut dire que la période de mise en place de l’image du corps est la période de l’archaïque. Ce terme est à prendre dans la double acception d’«originel» et de « dépassé » :

  • Originel, car reflétant un type de fonctionnement psychique propre aux débuts de la vie.
  • Dépassé, dans le sens ou ce fonctionnement « disparaîtra », en apparence, au fil du développement affectif pour faire la place, habituellement, à la structuration œdipienne.

Cela dit, des traces de cette période originelle existent encore en chacun de nous, malade, handicapé ou pas. Ces traces sont bien sûr inconscientes. Mais elles représentent des forces importantes qui sous-tendent à notre insu nombre des choix et comportements. Non seulement en chaque être humain, mais aussi en chacune des sociétés et cultures humaines. Des exemples parmi d’autres seront exposés tels que les problématiques :

  • De la conviction de continuité d’existence et de la guerre du golfe (1991) ou de la crise des subprimes (2008)
  • De l’identité et du racisme
  • De l’enveloppe, de la question des limites de l’univers et des difficultés des astrophysiciens face à cet objet de connaissance
  • De l’identification projective et du football

Les psychomotriciens sont des témoins de l’archaïque. Le corps, l’engagement et les mises en situation corporelles en donnent très facilement à voir ses phénomènes. Leurs réflexions sont cruciales pour comprendre les grandes questions humaines et certaines crises contemporaines.

Mots-clés : image du corps, archaïque, psychomotricien, sociétés humaines, racisme, astrophysique, football

Bibliographie :

Pireyre, E. (2015), clinique de l’image du corps. Paris : Dunod

Waechter, P., You, M. (2008). Subprimes, la faillite mondiale ? Cette crise financière qui va changer votre vie. Monaco : Alphée-Jean-Paul Bertrand.

Piketty, T. (2013). Le capital au XXIème siècle. Seuil : Paris.

Luminet, J.P., Lachiéze-Rey, M. (2005). De l’infini. Paris : Dunod.

Lemaître, G. (1978). « L’univers, problème accessible à la science humaine », Revue d’Histoire Scientifique, vol 31, 1978, p. 345-359.

Fromager, S., Laporte, P. (2010). Voyage au cœur de l’infini. Paris : CNRS éditions

Greene, B. (2005). La magie du cosmos. Paris : Robert Laffont.

D Baudet, J. (2006). Penser le monde. Paris : Vuibert.

Benbassa, E. (2010). Dictionnaire du racisme, de l’exclusion et des discriminations. Paris : Larousse.

Bojowald, M. (2011). L’univers en rebond. Paris : Albin Michel.

Boniface, P. (2010). Football et mondialisation. Paris : Armand Colin.

David, C.-P. (1991). La guerre du golfe. L’illusion de la victoire. Montréal : Art Global.

 

Catherine POTEL BARANES (Plénière- vendredi 13 à 9h25)

Psychomotricienne, psychothérapeute, thérapeute en relaxation analytique Sapir. CMPP de l’OSE à Paris et en privé, à Sceaux. Enseignante à l’institut de formation en psychomotricité Pitié Salpetrière, université Pierre et Marie Curie. Membre du conseil scientifique de la SFPEADA (société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et disciplines associées). Formatrice en relaxation analytique (AREPS)Fondatrice et responsable formation de l’association Vivre l’eau. Prix Sapir de la Fondation de France en 2003 pour l’un de ses travaux de recherche théorico clinique.

 Le bouleversement pubertaire : une image du corps en transformation chez l’adolescent

 Complexe du homard, œdipe flamboyant, inquiétante étrangeté, folie pubertaire, rupture du développement, déliaisons dangereuses, crise d’originalité juvénile, passage du Cap Horn : toutes ces expressions ont qualifié l’état adolescent chez différents auteurs. On aura reconnu Françoise Dolto, Evelyne Kestemberg, Sigmund Freud, Philippe Gutton, Daniel Marcelli, Raymond Cahn, Pierre Mâle, Jean José Baranes.

Pour moi, c’est l’image de la chrysalide qui s’approcherait le plus de la mutation adolescente et de l’intégration dans l’image du corps des transformations pubertaires. Quand l’enfant a acquis des assises narcissiques suffisamment solides, la mue s’opère, tranquille et harmonieuse. Quand les fondations de la construction infantile sont fragiles, la mue va s’avérer violente, prise dans des tourments, des secousses, des tremblements.

Dans les deux cas, une nouvelle source d’excitation psychocorporelle accompagne l’entrée dans la puberté biologique et témoigne du surgissement d’une nouvelle donne. La sexualité, en devenant génitale, transforme de façon irréversible la relation à soi et la relation à l’autre. La transformation du corps est radicale, l’accès au plaisir, à l’orgasme et à la capacité de reproduction, est une nouveauté étonnante voire angoissante. Plus que jamais, on constate aujourd’hui que la maturité du corps est en décalage avec la maturité psychique. Corps brûlant, corps adolescent ! Un temps de vie riche en créativité et en fureur de vivre, mais également un moment électif des troubles psychopathologiques les plus divers.  Bien entendu, à tout ceci il faut ajouter les facteurs environnementaux et socio culturels. Winnicott disait : un bébé ça n’existe pas seul. On peut dire la même chose pour l’adolescent, c’est encore plus vrai dans le monde tel qu’il est aujourd’hui.

Notre pratique psychomotrice se réfère à l’originaire et  aux enveloppes,  et ce quel que soit l’âge. Or cela ne suffit pas quand on s’occupe d’adolescent. Et les psychomotriciens ont toujours été (cela le reste encore) très frileux quand il s’agit d’articuler corps et sexualité. De ce fait, l’adolescence est restée longtemps le parent pauvre de notre discipline.

Je constate malgré tout que depuis ces 10 dernières années, nous sommes de plus en plus sollicités pour accompagner des adolescents en difficulté d’être. Médiations, relaxation, groupes, autant de pratiques qui deviennent reconnues comme étant des soins à part entière, des axes de travail fondamentaux pour accompagner le processus de maturation et d’intégration des nouvelles représentations des adolescents.

Deux temps dans mon intervention :

  • Une projection d’un power point visant à approcher au plus près les émotions et éprouvés du corps à l’adolescence.
  • Dans un second temps, je m’appuierai sur une vignette clinique empruntée à ma pratique, pour approfondir ce champ de travail.

OUVRAGES

1999 Le corps et l’eau : Une médiation en psychomotricité, Ères, Toulouse. Reed. 2010 livre de poche ères.

2000 Les bébés et les parents dans l’eau, collection Mille et un bébés, érès, Toulouse. Reed. 2015.

2000 Psychomotricité. Entre Théorie et Pratique, sous la direction de C. Potel, collection Psycho, Inpress, Paris. Reed. 2008 et 2010.

2006 Corps brûlant, corps adolescent. Des thérapies à médiations corporelles pour les adolescents ? Coll. L’ailleurs du corps ”, èrès, Toulouse. Reed. 2015

2010 Etre psychomotricien : un métier du présent et de l’avenir, èrès, coll. Trames, Toulouse.

2015 Du contre transfert corporel. Une clinique psychothérapique du corps. Eres, coll. L’ailleurs du corps. Toulouse.

Janvier 2018, à paraître, « L’adolescent, son corps, ses enjeux. Point de vue psychomoteur ». Ouvrage collectif, chez Inpress.

 

Armand PIJULET et Nathalie POUILLAT (Atelier A1-jeudi 12 à 14h)

Armand PIJULET, psychomotricien, musicothérapeute, conteur, enseignant IFP Salpêtrière et Les Mureaux, CHU Nîmes

Nathalie POUILLAT, Psychomotricienne, Montpellier

« Du parcours psychomoteur aux représentations du corps »

A l’occasion de ces 46èmes journées annuelles de thérapie psychomotrice à Antibes-Juan-Les-Pins, et dans la perspective d’alimenter la réflexion théorico-clinique portant sur la thématique du corps et ses représentations, nous souhaiterions proposer une intervention à 2 voix traitant de l’importance des Parcours psychomoteurs comme outil d’étayage, d’éveil et de stimulation des compétences psychomotrices.

Les parcours psychomoteurs représentent un véritable précurseur de l’engagement relationnel et mobilisent les stratégies d’adaptation environnementale nécessaires à l’intégration des repères de temps et d’espace. Ils vont permettre au sujet quel que soit son âge de s’engager de manière essentielle dans un processus de transformation pouvant aller de la conscience d’un corps physique mobilisable et dynamique, à l’investissement d’un corps relationnel dans son rapport fonctionnel, pour soutenir l’émergence de l’estime de soi et la construction de représentations multiples permettant l’accès au dépassement de soi, celui du handicap, et à l’émergence du sentiment d’un corps héroïque au sens d’un corps surpassant les épreuves physiques.

Si les parcours psychomoteurs figurent parmi les propositions les plus couramment utilisées en séance de psychomotricité : c’est sans doute parce qu’ils constituent à eux seuls une médiation corporelle essentielle mettant en avant, outre les compétences psychomotrices, l’adaptation du sujet face à différentes situations matérielles d’engagement physique. Dans ces situations psychomotrices se jouent de nombreux points d’ancrage constitutionnel allant du tonus au mouvement, de l’intégration et de la structuration des schèmes moteurs d’action à la représentation de soi, et cela dans une dimension spatio-temporelle multidimensionnelle où de nombreuses émotions sont potentialisées.

L’objet « parcours » convoque ainsi l’idée d’un déplacement psychomoteur, véritable entrelacs nourri de conduites motrices de base telles que la locomotion ou le saut, à partir desquelles le sujet engage son corps globalement dans un processus dynamique de mise en relation physique, psychique et émotionnelle avec la matière, dans un rapport perceptif et intuitif face aux caractéristiques physiques des objets réels qui se trouvent sur son passage.

Dans bien des cas, il s’agit d’un voyage initiatique où chaque participant va devoir intégrer différentes formes de représentations symboliques. Chacun va alors devoir s’inscrire dans une succession d’étapes et d’évènements, qui enrichissent la narration, pour faire face à plusieurs situations temporospatiales génératrices d’éprouvés corporels à dépasser. Ce cheminement chronologique et spatial depuis un point de départ jusqu’à un point d’arrivée va ainsi bouleverser ou bousculer l’ensemble de ses capacités psychomotrices et intellectuelles, et parfois même ces certitudes, pour développer ou renforcer de nouvelles compétences, selon un processus de transformation profonde de sa nature constitutive.

Lors de cette confrontation aux éléments en série (véritable transposition des caractéristiques du monde réel dynamique et vivant) l’individu vivra d’intenses expériences psychodynamiques qui façonneront son image du corps et ses diverses représentations. S’il existe des parcours linéaires et des parcours circulaires, des parcours brefs ou plus longs, faciles ou difficiles, la circularité mettra en avant la notion d’aller-retour, de répétition, et structurera le parcours sur la base d’une pulsation, d’un rythme ou d’une variation.

Dès lors, quelle forme le professionnel envisage-t-il de donner au parcours ? Pour quelle finalité ? Quel sens ou quelle réalité ? Car les enjeux ne sont pas les mêmes si le sujet est seul ou accompagné par plusieurs partenaires du groupe, engagé sur le chemin dans une dynamique d’entre-aide ou de compétition.

Plusieurs éléments peuvent ainsi faire le lit des éprouvés, comme le cas notamment du rapport à l’espace (la longueur, la hauteur, le volume), du rapport aux matériaux rencontrés (les objets, les obstacles, le milieu physique air, eau, sol), du type d’actions et des postures corporelles impliquées, du rapport au temps (la vitesse, les répétitions, la succession), du rapport à l’imaginaire (enjeux de symbolisation).

Car si, comme le souligne Merleau Ponty, les mouvements du corps façonnent la représentation que l’on en a de soi et la représentation que l’on a du monde, c’est le plus souvent à partir du mythe du super héros que va se jouer la transformation du sujet dans son rapport aux identifications sublimées et à travers sa confrontation à l’espace de l’imaginaire et du fantastique où chaque forme subtile de l’engagement corporel sera propice à la réalisation d’un moi véritable.

 

Marc RODRIGUEZ (Plénière- vendredi 13 à 16h20)

Psychomotricien – Psychologue Clinicien – Docteur en psychopathologie clinique – Chargés de cours dans les universités de Paris 6, Bordeaux 2 et Pau. Co-rédacteur en chef de la revue Thérapie psychomotrice et recherches.

 « L’encorporation ou les aléas de la constitution de l’image du corps chez l’enfant allergique ».

Mots clés : Image du corps, encorporation, allergie, psychosomatique.

Au travers l’étude d’une modalité singulière d’habitation du corps chez certains enfants allergiques que nous avons nommé « encorporation », nous souhaitons aborder dans cette conférence la question plus générale de la constitution de l’image du corps.

 

Marine ROUSSEAU  (Atelier A2-jeudi 12 à 15h)

Marine ROUSSEAU Psychomotricienne diplômée en 2008 de la Salpetrière, passionnée du mouvement et du corps, venant de la danse. J’ai d’abord exercé auprès des adultes en neurologie et en psychiatrie et j’exerce maintenant en CMPP et en libéral.

Comment les représentations du corps sont-elles à l’œuvre lors des séances de psychomotricité et dans l’approche ostéopathique du corps ?

Nous sommes une ostéopathe et une psychomotricienne qui avons ouvert un cabinet libéral cette année 2016. Nous nous interrogeons sur la continuité et la complémentarité de nos pratiques. En psychomotricité, comme en ostéopathie, les nœuds se démêlent directement dans le corps, et le passage par la parole peut venir compléter, prolonger, ou enrichir une perception.

Nous proposons de partager ici un peu de nos discussions, parce que nous pensons que ça peut être une richesse pour nos professions respectives. En tous les cas, ça l’est pour nos patients.

Notre propos est situé du côté de la pratique. A ce jour, nous avons évoqué une patiente pour qui nous pourrions organiser un relai de dispositif thérapeutique, mais ça ne s’est pas encore concrétisé. Ca va se travailler dans les mois à venir. (C’est une jeune qui a connu une adoption interculturelle à l’âge de 8 ans. Elle est hypertonique, présente une bonne intelligence mais un manque de sécurité corporelle de base important, des difficultés dans l’investissement de son ressenti et de son vécu corporel –surinvestissement des repères externes- des troubles graphomoteurs, des blocages respiratoires au cours de l’action non conscientisés. Nous pensons lui proposer des séances de psychomotricité ainsi que des temps de massage ostéopathique en nous coordonnant. C’est encore un projet). Comment les représentations du corps sont-elles à l’œuvre lors des séances de psychomotricité et lors des massages ostéopathiques ? Soulage-t-on la même part ? Comment peuvent s’articuler nos pratiques dans l’intérêt du patient ?

Des différences structurelles existent d’emblée, cependant du côté des représentations du corps il peut y avoir quelque chose de très proche dans nos approches thérapeutiques… L’ostéopathe reçoit sans prescription médicale, ce qui n’est pas le cas du psychomotricien. Le suivi en psychomotricité est régulier et a besoin d’un certain rythme pour que les effets puissent être observables. L’ostéopathe obtient des effets de façon plus immédiate, mais il tisse aussi une relation dans la durée avec ses patients. Enfin, le psychomotricien agit peut-être en premier lieu sur la part plus consciente des troubles, en tous les cas sur une part où le patient est dans une position active, tandis que l’ostéopathe traite directement le patient dont seule la réceptivité et la passivité sont attendues. Nous réfléchissons sur les profils des patients qui nous consultent, sur l’agencement de nos pratiques dans une perspective de complémentarité, et sur le vécu de nos patients de nos dispositifs.

Ces différences et ces ressemblances nous font discuter au sujet de nos thérapeutiques respectives, au sujet de nos positionnements réciproques, et au sujet de ce qui est thérapeutique pour le patient. Nous avons aussi cette question du passage par le langage : nécessité, empêchement, détour irréductible ou enrichissement/prolongement de la part corporelle du soin ?

Si nous y arrivons, nous vous partagerons notre expérience clinique concernant des patients en commun. Sinon, nous vous partagerons seulement un tissage de pensées illustrées de vignettes cliniques s’opposant, se ressemblant ou se prolongeant sur ce thème qui nous parle.

Il est parfois intéressant pour un patient de bénéficier d’une complémentarité de soins corporels, lorsque les tensions musculaires sont importantes ou inscrites depuis longtemps, lorsque les particularités relationnelles rendent difficile ou lent le travail de prise de conscience corporelle, lorsque le relâchement est possible dans une grande passivité mais que la régulation tonico-émotionnelle est perturbée au cours de l’action partagée. Comment l’ostéopathe et le psychomotricien pensent le corps du patient ? Comment le patient ressent son propre corps en fonction du positionnement du praticien ? Qu’est-ce qui est thérapeutique ? Quelles articulations penser entre deux perspectives de soins différentes et complémentaires ?

Voici une présentation qui se veut ouverte, dans le contexte d’une ouverture de cabinet pluridisciplinaire. Nous essayerons de partager des liens avec nos nourritures théoriques et pratiques et notre clinique.

Mots clés : Ostéopathie – Complémentarité – Corps vécu – Paroles sur le corps – Mouvement/Réceptivité

 Bibliographie :

BOUTINAUD J. (2016), Image du corps Figures psychopathologiques et ouvertures cliniques, Paris, Editions In press.

CARRIE-MILH S. (2009), La pratique du shiatsu en thérapie psychomotrice, Paris, Editions Grego.

DAGOGNET F. (1992), Le corps multiple et un, Paris, Les empêcheurs de penser en rond.

GIRARDIER N. (2016), La psychomotricité entre psychanalyse et neurosciences, Histoire, actualités et perspectives : pour une pensée en mouvement, éditions in Press.

GOLSE B. MORO M.R. (2014) Le développement psychique précoce, De la conception au langage, Paris, Elsevier-Massson.

ISSARTEL L., ISSARTEL M. (1983) L’ostéopathie exactement, Au bout des doigts qui sentent, pensent et voient : la santé, Paris, Robert Laffont.

LARDY J.-M. (2011), Les professionnels de santé et l’ostéopahtie: complémentarité, déviance ou expédient ?, Sophia-Antipolis, Editions Book-e-Book.

LESAGE B. (2006) La danse dans le processus thérapeutique, Fondements, outils et clinique en danse-thérapie, Editions érès.

ROBERT-OUVRAY S. (2007), L’enfant tonique et sa mère, Paris, Desclée de Brouwer.

ROTH G. (1997), La danse des 5 rythmes …un chemin de transformation par le mouvement, Paris, le courrier du livre (traduction française de 2016)

SARRAUTE N. (1980), L’usage de la parole, Paris, Editions Gallimard.

 

Philippe SCIALOM (Symposium S5-« Corps et art »-vendredi 13 à 14h)

Psychomotricien – Psychologue – Psychanalyste, enseigne la psychologie à l’ISRP

QUAND L’ART CONTEMPORAIN PRÉDIT DES DISTORSIONS DE L’IMAGE DU CORPS

Peut-on anticiper la clinique de l’image du corps de demain ? Les thérapeutes sont de plus en plus confrontés à l’augmentation des psychopathologies de l’image du corps et du lien d’attachement (TCA, addictions, anxiodépressions, marques corporelles, vieillissement…). Les désordres de notre société en crise se répercutent dans les chairs et induisent une régression de la fonction de symbolisation qui favorise la voie d’expression somatique.

Les productions d’artistes contemporains illustrent les concepts cliniques associés à l’image du corps, comme l’espace imaginaire et transitionnel, la créativité et l’attachement. Aujourd’hui, la multiplication des démarches artistiques n’a jamais été aussi radicale et audacieuse. Mais cette incroyable diversité des formes, des styles et des expérimentations est souvent choquante, effrayante ou incompréhensible par beaucoup d’entre nous.

L’art contemporain rompt avec son rôle traditionnel de représentation du réel. Il devient avant tout un moyen d’expression engagée. Il traite psychiquement, révèle et filtre les nouvelles angoisses et les conflits des individus et de notre société en mutation.

L’artiste s’est détourné de la beauté. Ses nouveaux modèles sont des corps augmentés, déniés, souffrants, morcelés, métamorphosés ou tout puissants. Le corps est interrogé sur son nouveau statut de déchet, de mécanique sexuelle ou inscrit dans des performances transhumanistes.

Aux limites de l’œuvre d’art, les œuvres contemporaines sont autant des indicateurs de l’avenir que des témoignages du passé. Elles questionnent le public sur les origines des désordres d’une société border line en perte de capacité de représentation. Elles prédisent le devenir des cryptes corporelles qui accueillent les angoisses non traitées par la pensée.

Mots clés : Art contemporain, image du corps, état-limite, régression somatique, (dé) symbolisation.

Bibliographie :

Altounian, J. (2000). La survivance – Traduire le trauma collectif, préface de P. Fédida, postface de R. Kaës. Paris : Dunod.

Ardenne, P. (2001). L’image corps : figures de l’humain dans l’art du XXème siècle. Paris : Edition du Regard.

Bowlby, J. (1969-2002). Attachement et perte (3 vol.). Paris : Puf.

Decharme, B. (2014-2015). Art Brut. Collection abcd. Exposition. Paris : La maison rouge.

Catalogue de la Galerie Enrico Navarra. (2000). Le corps mutant. Paris : ADAGP.

Collectif. (2016). L’art et le corps. Berlin : Phaidon.

Cyrulnik, B. (2003). Le murmure des fantômes. Paris : Odile Jacob.

Decharme, B. (2014-2015). Art Brut. Collection abcd. Exposition. Paris : La maison rouge.

Dolto, F. (1984), L’image inconsciente du corps. Paris : Seuil.

Dolto, F. (1997). Le sentiment de soi. Aux sources de l’image du corps, (édition établie, annotée et présentée par G. Guillerault). Paris : Gallimard.

Fonagy, P. (2004). Théorie de l’attachement et psychanalyse. Ramonville Saint-Agne :  Éres.

Jaquet, C., Neveu, P., Pireyre, E., de Sainte Maréville, F., & Scialom, P. (2014). Les liens corps esprit : regards croisés à partir de cas cliniques. Préface de Bernard Golse. Paris : Coll. Psychothérapies, Dunod.

Montagner, H. (1998). L’attachement. Paris : Odile Jacob.

Piralian, H. (1994). Génocide et Transmission. Paris : L’Harmattan.

Scialom P. (2001). Corps et psychisme traumatismes d’aujourd’hui entre irreprésentable et fétiche in Revue du

Monde Arménien Moderne et Contemporain. T. 6, 2001, Société des Etudes Arméniennes, Paris, pp. 185-194.

Scialom, P. (2001). Processus de déshumanisation et image du corps : vers de nouvelles pathologies ? Evolution psychomotrice, dossier schéma corporel et image du corps, Vol 13, N° 51, pp. 26-31.

Scialom, P. (2002). Une humanité à corps perdu ? Enfances et Psy., 4(20), 59-64. Ramonville Saint-Agne : Erès, dossier le souci du corps.

Scialom, P. (2005). Rapport des « Sentinelles du corps mutant », in Evolution Psychomotrice, Écrits psychomoteurs, Vol. 16 – N° 65, Année 2004.

Scialom, P. (2005). Psycho-Ados, Lâchez-moi mais ne me laissez pas tomber, Paris, L’Archipel.

Spitz, R.A. (1945). Hospitalism—An Inquiry Into the Genesis of Psychiatric Conditions in Early Childhood. Psychoanalytic Study of the Child, 1, 53-74.

Taslitzky, B. (1989). Cent onze dessins faits à Buchenwald, Association française Buchenwald-Dora. Paris : Editions Hautefeuille.

Tenenhaus, H. (1993). Le tatouage à l’adolescence. Paris : Bayard Éditions.

Winnicott, D.W. (1975). Jeu et réalité. L’espace potentiel. Paris : Gallimard.

Witkin, J-P. (2000). Photos des œuvres de l’artiste. Paris : Nathan.

Zazzo, R. (1974). L’Attachement (Le colloque sur). Neuchâtel : Delachaux et Niestlé

 

Laurence SILVE et Céline BOUJON-TOUZE (Atelier A10-jeudi 12 à 14h)

Laurence SILVE Psychomotricienne, instructrice en locomotion, licenciée en ethnologie, formatrice petite enfance, intervenante à l’IFPVPS de Hyères (83).

Céline BOUJON-TOUZE Psychomotricienne, licenciée en psychologie, monitrice de portage, formatrice petite enfance.

« A vous de voir…. Autrement »

Nous vous proposons tout d’abord de vivre une exploration sensorielle et motrice en binôme (une personne sous bandeau et son guide) afin d’échanger dans un second temps sur cette expérience et d’aborder le rôle de la vue dans la compréhension de soi et de son environnement. Une réflexion sera ouverte sur les répercussions de la déficience visuelle notamment au cours des interactions précoces et des premières découvertes motrices, l’enjeu se jouant sur le corps et sa représentation.

 Objectifs : Se questionner sur la construction de soi et de son environnement quand on naît aveugle. Répercutions de la déficience visuelle sur le corps et ses représentations.

Moyens :

  • Mise en situation les yeux bandés en binôme (un guide et un guidé). Exploration d’un environnement varié et d’objets à manipuler.
  • Retour des expériences (ressentis et observations)
  • Théorisation autour du rôle de la vue dans l’accès au corps et à sa représentation :
  • dans les premières découvertes motrices
  • dans les interactions (précoces, communications…)
  • dans la compréhension de son environnement (espace, temps…)

Boubli M., Konichekis A. et al. (2002), « Clinique psychanalytique de la sensorialité », Paris Dunod.

Bullinger A. (2004), « Le développement sensori-moteur de l’enfant et ses avatars », Erès.

Bullinger A. (1995) « Approche sensori-motrice du déficit visuel, Université de Genève, section de psychologie.

Bullinger A. et al. (2009), « Intérêt de l’abord sensorimoteur

Delassus J-M (2003), « Le lever natal des yeux, moment essentiel de l’accouchement », cahiers de maternologie, n°20: 42,49.

Delion P. (2006), « Entre la sensation et la représentation : l’expérience de la perception », In Thérapie psychomotrice- et recherches N°145.

Griffon P. (1996), « L’incidence d’un handicap sensoriel sur le comportement humain et les effets de la rééducation », D.U handicap visuel.

Haag G. (1990), « L’expérience sensorielle fondement de l’affect et de la pensée », In L’expérience sensorielle de l’enfance, Association de Recherche en Psychologie Clinique des Objets de Relation.

Kupperschmitt H. Ortiz E. (), « Les anomalies de la vision chez l’enfant et l’adolescent », Lavoisier.

Stern D. (1989), Le monde interpersonnel du nourrisson. Le fil rouge, PUF.

Strauss E. (2000), « Du sens des sens », Million

Süskind P. (1985), « le parfum », Fayard.

 

 Marie Claude TUSCHER et André BRANDILY (Symposium S4-« Psychomotricité et parcours de vie »-jeudi 12 à 14h)

Psychomotriciens

« Alors, toujours en Gériatrie , et c’est pas trop dur ? De la représentation que se fait notre société  du corps des personnes âgées en général et des soins psychomoteurs en gériatrie en particulier.»

Deux interrogations que me sert chaque année une très bonne amie psychomotricienne que je rencontre régulièrement aux JA du SNUP.

S’en suit généralement un échange sur notre rapport à nos aïeux, déjà morts ou encore vivants. « Si ça se trouve, ma mère, elle ne se réveillera pas, comme ça, un matin, en partant en bonne santé, chez elle ! » me dit-t-elle avec un sourire rassurée par cette idée.

Certains collègues psychomotriciens travaillant avec de très jeunes patients sont aussi confrontés à l’accompagnement de deuils qui sont d’autant plus difficiles qu’ils ne sont pas « dans l’ordre des choses ».

Quand on est psychomotricien en gériatrie, qu’advient-il de cet accompagnement de fin de vie inéluctable ? Comment y sommes-nous préparés ?

Combien de stagiaires de troisième année nous rapportent l’incompréhension de leurs pairs, élèves, devant le choix d’un tel service pour leur dernier stage long, qui de surcroit pourrait déboucher sur une embauche dans ce domaine ?

Aurait-on, en psychomotricité, exacerbé l’angoisse de la vieillesse, ou sommes nous tout simplement le reflet bien vivant de notre société en proie au jeunisme ?

Le dessin représentant ces corps de danseurs jeunes pour illustrer notre colloque est-il un clin d’œil à cette surenchère de démonstration de mouvements parfaits sensés représenter la santé comme au temps de la gymnastique suédoise? Ou encore dans les temps plus anciens de l’antiquité cité par Juvénal: Un esprit sain dans un corps sain !

Qui nous fait évoluer dans notre rapport au corps du vieillard : cet autre, d’autant plus menaçant qu’il est notre semblable?

Quelle démarche personnelle, professionnelle, philosophique, religieuse ou sociétale nous permettrait un allègement de cette charge que deviennent les années ?

Quelles représentations avons-nous des corps vieillis, quels regards leur portons-nous, chacun de nous qui vieillira sans doute aussi ?

L’image de la vieillesse en institution dans notre société est le plus souvent dévalorisée, vouée à la souffrance, la déchéance et la mort.

Comment peut-on en psychomotricité en gériatrie, rencontrer les personnes dans leurs histoires qui dépassent bien entendu le cadre des institutions, en les autorisant à redevenir des sujets à part entière ?

Anecdotes, humour et présentations cliniques garanties.

Bibliographie :

ANCET Pierre (sous la direction de) (2010), »Le corps vécu chez la personne âgée et la personne handicapée », Dunod, Col. Action sociale

ANDRE Christophe, JOLIEN Alexandre, RICARD Mathieu,(2016) « Trois amis en quête de sagesse », L’Iconoclaste – Allary éditions

BLED Camille, (mémoire de fin d’étude de psychomotricité UPMC) (2016), « Le vieillard, cet autre d’autant plus menaçant qu’il est notre semblable. Étude des facteurs impactant l’image de soi des personnes âgées hospitalisées »

CHAMOND Jeanne, BLOC Lucas, MOREIRA Virginie, WOLF-FEDIDA Mareike, « L’apport de la

phénoménologie clinique aux cliniques de l’extrême déficit, Enjeux épistémologiques et pratiques », Perspectives psy, 2016/4, Vol.56, p.277-285

CLENET Jean (DEA, sciences de l’éducation, travail réalisé sur la base du cours de ), (Nov. 1998), « Le concept de représentation »

CHARAZAC P. (2001), « Introduction aux soins  géronto-psychiatriques », Dunod

DEBRAY Regis (compagnon du Che Guevara), (2004), « Le plan vermeil, Modeste proposition » Hors série Connaissance, Gallimard

DELIOT Catherine, CASAGRANDE Alice (2006), « Veillir en institution, Témoignages de professionnels, regards de philosophes », édition LIBBEY John

DUPRAS André (2014), « De l’étrangeté à la citoyenneté, La sexualité des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer », Le sociographe 2014/3, N°47, p. 83-93

EMAILLE Brigitte, FEUVRIER Joëlle, FEVRIER Cécile, GAIMARD Claire, LOMBARD Henri, MECHALIKH Angèle, TYAR-BOISSONNADE Marie, (2015), « Célébrer la vie en maison de retraite », VST-Vie sociale et traitements, N°126, p. 46-50

FERNANDEZ Lydia (sous la direction de) (2009), « Les addictions du sujet âgé », Psycho

FREUD Sigmoud (1919), « Inquiétante étrangeté », dans « Essais de psychanalyse appliquée »  Éditions Gallimard Paris (1933), Réimpression (1971), Collection Idées

GINEST Yves , PELLISSIER Jérôme (2005), « L’humanitude, Comprendre la vieillesse , prendre soin des Hommes vieux », Daniel RADFORD, Col. Bibliophane

GOMES Elsa (2017) Mémoire de fin d’étude de psychomotricité UPMC, « Psychomotricité et plaisir, Vieillissement, psychiatrie et prévention de l’anhédonie »

GOUTAIN Pauline, « La créativité tout au long de la vie, l’œuvre de Simone MARYE », gérontologie et société 2011/2, N°137, p. 113-129

GRISE Jacinthe (2010), « Communiquer avec une personne âgée atteinte de la maladie d’Alzheimer à un stade sévère », Chronique sociale

MAISODIEU Jean (2001), « Le crépuscule de la raison », Bayard

MARCILLAT Hervé (2000), « Vieillesse et société : le rendez-vous manqué, La dépendance des personnes âgées en question », Pratiques du champ social – gérontologie

MOLLE Solenn (mémoire de fin d’étude de psychomotricité, UPMC), (2017), « Quand le corps communique …, Étude des facteurs non verbaux dans la relation thérapeutique en psychomotricité auprès des personnes âgées »

PELLERIN Jérôme, (2016), conférence dans le cadre des soirées de l’association HIPPOCAMPES du 91, « Quand solliciter le psychiatre dans la prise en charge du sujet âgé au domicile ? »

PERSONNE Michel (1994) , « Le corps du malade âgé, pathologies de la vieillesse et relation de soins», Dunod, Coll. :  Sc.So.P ro.Eva.

PLOTON Louis, « Créer, s’épanouir et, pourquoi pas, écrire à 80ans ? » Gérontologie et société 2011/2, N° 137, p. 85-93

PSIUK Thérèse (2005), « La résilience, un atout pour la qualité des soins », Recherche en soins infirmiers 2005/3, N° 82, p.12-21

SEBAG-LANOË Renée (2003), « Vivre vieillir et le dire », Gérontologie et société, 2003/3, N°106, p. 41-49 et livre du même titre (2001), Desclée de Brouwer

SECALL Agnès, THOMAS Ivane C. (2005), « L’accompagnement de l’aidant de la personne âgée atteinte de démence », Recherche en soins infirmiers 2005/3, N°82, P. 50-61

TALPIN Jean-Marc (2011), « Être créatif : un impératif psychique tardif au service de la vie », Gérontologie et société 2011/2, N° 137, p. 23-36

 

Anne VACHEZ-GATECEL (Symposium S6-« Corps et représentation »-vendredi 13 à 14h)

Psychologue clinicienne, Psychomotricienne dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du Pr David Cohen, Pitié-Salpêtrière (Paris). Directrice IFP Pitié-Salpêtrière, Faculté de Médecine Pierre et Marie Curie

Du trait au bonhomme : de l’imaginaire au figuratif

La représentation graphique est fonction des possibilités imaginatives individuelles ; celles-ci témoignent du vécu de la relation objectale. L’enfant commence par se saisir d’une représentation qui lui révèle son être dans son ensemble. Il projette cette découverte et sa référence spatiale sur la feuille de papier.

Cette communication se propose de retracer la psychogenèse des images du corps à travers le dessin. Des exemples cliniques variés viendront illustrer cette approche particulière du dessin à la fois comme outil diagnostic mais aussi comme trace de l’évolution de l’enfant et de l’adolescent au cours du travail thérapeutique quel que soit la médiation utilisée.

La psychogenèse des images du corps: Le gribouillage, les premières formes, le rond, le personnage, les couleurs, la construction de l’espace et sa représentation.

Dedans/dehors

Espace d’inclusion réciproque

Espace de complémentarité imaginaire

La construction de l’espace droite-gauche

Du dessin du bonhomme à la cabane

 

Muriel VAN CAMPENHOUDT et Martine BRETON (Atelier A19-vendredi 13 à 14h)

Muriel VAN CAMPENHOUDT Psychomotricienne DE sophrologue Caycedienne 

Martine BRETON Psychologue Phénoménologue, sophrologue Caycedienne.

Les outils du psychomotricien : conscience et unité corporelle grâce aux techniques sophrologiques.

 Cet atelier sera animé par une psychomotricienne sophrologue et une psychologue sophrologue phénoménologue.

Il se veut une expérience vécue et éprouvée tant dans les échanges que dans la pratique.

Mots clefs : Sophrologie /Conscience humaine/ Valeurs de l’existence/ Phénoménologie / Da sein/ Corps vivant / Structures de l’être

Définition de la Sophrologie Caycédienne

La sophrologie est, selon son fondateur Alfonso Caycedo, une « Ecole scientifique qui étudie la Conscience humaine et les valeurs de l’existence en partant de nouvelles conceptions inspirées de la phénoménologie ».

Dédiée à sa création au traitement des malades psychiatriques avant l’arrivée des médicaments psychotropes, cette démarche a montré qu’elle pouvait s’adapter à de nombreuses autres indications allant de la sédation de la douleur à l’amélioration des anxiétés, des troubles du sommeil, de la préparation à la naissance à l’accompagnement des sportifs de haut niveau, etc…

La sophrologie s’est depuis développée et a échappé à son créateur qui n’en avait pas protégé le titre, aussi a-t-il choisi d’apposer le terme « caycédienne » pour indiquer les pratiques fidèles à son esprit de celles qui en sont différentes.

Il permet à chacun de découvrir et conquérir les structures profondes de l’être, et une nouvelle forme d’existence, une existence avec ses valeurs profondes.

La Sophrologie Caycédienne authentique est donc une discipline au carrefour d’une philosophie occidentale, la phénoménologie créée par le philosophe allemand Edmond Husserl et adaptée en psychiatrique par Ludwig Binswanger, psychiatre suisse et le Raya Yoga (yoga royal) des yogis de l’Inde et du Japon.

Le principe du « Dasein » (l’être là) est proposé et invite chacun à un retour sur « la chose même », l’essence de l’être.

Il s’agit de partir d’un corps vivant, de la vie qui se sent et s’éprouve en soi et fait de chacun de nous  un vivant (être incarné qui s’éprouve vivant, qui pense, qui se souvient et se représente).

La méthode qui aide à cette approche est une adaptation des exercices des yogis, de leurs méthodes corporelles et spirituelles. Pratiquée selon une codification rigoureuse de trois cycles successifs de quatre degrés chacun, allant de la présence à son propre corps vivant  à la conscience de ses valeurs dans l’existence,

Chaque sophrologue caycédien choisi et adapte, selon les besoins spécifiques de ses patients ou groupe de patients, ses propositions de travail.

Organisation de l’atelier

–           Groupe de 10 personnes

–           Chaises en fonction du nombre des participants

Objectifs de l’atelier

Dans le cadre de ce congrès, il s’agit pour nous de proposer, à des professionnels psychomotriciens, ainsi qu’au public plus large présent, intéressés par la découverte de cette pratique, quelques exercices d’approche de son propre corps vivant en conscience et de la rencontre corps/esprit dans une unité vivante et dynamique. »

Les activations proposées vont amener des variations de sensations qui vont enrichir la connaissance pour chacun de son corps vivant (de souffrir, de jouir, d’émotions), et va ainsi nous apparaître autrement avec un nouveau regard.

 

Frédéric VINOT – Conseil Scientifique (Plénière-vendredi 13 à 11h15)

Psychologue – Psychanalyste – Maitre de conférences en psychologie clinique et pathologique – Université Nice Sophia Antipolis. Co responsable du master II « Psychologie clinique et médiations thérapeutiques par l’art » – Responsable du DU « interaction, art, psychothérapie » 

« Corps et institution : une question de seuil »

Il s’agira de comparer deux exemples de corps institutionnalisés, renvoyant à deux discours s’appuyant sur la notion de seuil. D’une part certaines « structures à bas seuil  » (fréquentes dans l’intervention auprès de public en situation d’errance ou de toxicomanie), induisent une verticalisation du seuil, opposant un bas et un haut relatifs à la possibilité de suivre certaines exigences institutionnelles, et donc sociales. Or, cette conception verticalisante du seuil a régulièrement pour effet d’imaginariser le corps en ce que celui-ci est sensé se hisser et franchir « une fois pour toute » ce seuil d’exigence (Vinot & Vives, 2010). Le corps érogène et ses jouissances à répétition sont alors niés, ce qui ne peut que poursuivre et relancer la dynamique de l’exclusion : c’est la « rechute ». D’autres types de seuil sont sollicités par les rites de passages tel que découverts par A. Van Gennep et V. Turner (1969) et beaucoup moins absents qu’on ne le pense dans le monde contemporain (M. Segalen, 1998). Les rites préliminiaires, liminaires et post-liminaires conçoivent en effet le seuil non plus sous une forme verticale et uniquement imaginaire, mais développent des dispositifs symboliques et imaginaires pour proposer une autre charge du Réel du corps et l’articuler différemment au social, là où l’être s’est parfois perdu dans le hors-temps du liminal (D. Terrole, 1995). D’un seuil à l’autre, ce sont deux conceptions sociales du corps qui s’entrevoient, qui ont leurs effets pratiques.

 

Catherine WEISMANN ARCACHE (Plénière-jeudi 12 à 11h50)

Psychologue clinicienne. Maitre de Conférences Habilitée à Diriger des Recherches en Psychologie Clinique et Psychopathologie. Directrice équipe Traumatismes Individuels et Familiaux, Laboratoire Psy-Nca (EA 4700). Université de Rouen. Co-Responsable D.U. Travail avec les Familles, Université de Rouen

http://www.univ-rouen.fr/13797/0/fiche_UFP__annuaire/

https://www.linkedin.com/profile/preview?locale=fr_FR&trk=prof-0-sb-preview-primary-button

Mon corps à moi, mon corps et moi, mon corps sans moi.

Autobiographie d’un enfant d’aujourd’hui.

Le corps est à l’origine du monde comme organisateur de l’espace, des relations, du

jeu et de la pensée, et organisateur des différences ; cependant penser le corps, se

le représenter, est un long processus lié au développement et à la subjectivation du

petit humain, dans sa dimension sociale, culturelle et historique.

Nous proposons une étude des représentations du corps chez l’enfant d’aujourd’hui.

Partant de nos rencontres cliniques contemporaines, et de nos recherches, nous

questionnerons les modifications des représentations du corps – déconstruction,

déni, reconstruction autre, voire réduction ou hybridation corps-machine- en lien avec

la transformation des métacadres sociaux dans la société dite hypermoderne. Les

représentations du corps, sont –elles immuables, ou peuvent-elles être impactées

par les avancées médicales, neuroscientifiques et numériques. Trois axes

contemporains sont susceptibles d’organiser les modalités développementales de

l’enfant, et ses modes de subjectivation, car ils font désormais partie de notre univers

sensible et symbolique :

– L’impact de la procréation médicale assistée sur les représentations du corps et

leur symbolisation dans les théories sexuelles infantiles.

– La place du corps ou son oubli dans l’émergence de nouvelles psychopathologies

ou handicaps

– La représentation virtuelle du corps et son « immersion » dans les jeux vidéo.

Dans cette perspective, nous présenterons le récit – fictif mais inspiré de nos

rencontres cliniques – d’un enfant d’aujourd’hui raconté par lui-même, depuis sa

conception jusqu’à ses 10 ans. Nous aborderons ainsi les représentations et les

théories de l’enfant du XXIème siècle, confronté aux énigmes du corps.

Weismann-Arcache C. (2014). La communication handicapée : les enfants surdoués

et les enfants autistes ont-ils encore un corps ? L’autre n’est pas une donnée.

Altérités, corps et artefacts. Hermès, La Revue, N°68, CNRS Éditions, 82-88.

Weismann-Arcache C. (2014) La dyspraxie. Dans J.Y. Chagnon (dir.) Approche

clinique des troubles instrumentaux. Paris : Dunod, 167-217

Weismann-Arcache C.(2013) « Parents tardifs, enfant précoce? » Assistance

médicale à la procréation et haut potentiel intellectuel. Psychiatrie de l’enfant, 56(2)

467-484 PUF

Weismann-Arcache, C. (2013). Les mauvaises graines. Retentissement des

problématiques d’infertilité sur le jeu des identifications croisées parents/enfants. La

solitude des parents « auto-entrepreneurs », Dialogue,199, 33-41

[1] Ajuriaguerra, J. ; Le corps comme relation ; Revue suisse de psychologie pure et appliquée ; 1962 ; in Julian de Ajuriaguerra et la naissance de la psychomotricité ; Vol.1 ; Joly, F. et Labes, G. ; Montreuil ; Editions du Papyrus ; 2008 ; [p.163 -183]

[2] Bullinger, A. ; De l’organisme au corps : une perspective instrumentale ; Revue Enfance ; Numéro thématique Le bébé, le geste et la trace ; Vol 52 / 3 ; 2000 ; [p.213 – 220] ; in Le développement sensori-moteur de l’enfant et ses avatars ; Vol 1 ; Ramonville St Agne ; 2004 ; [p.144 – 150]

giphy

 

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :